C’est la nouvelle start-up vedette du paiement en ligne. Six ans après sa création, Stripe vaut désormais 9,2 milliards de dollars. Fin novembre, la société de San Francisco a procédé à une nouvelle levée de fonds, récoltant 150 millions de dollars supplémentaires. A cette occasion, CapitalG, l’un de deux fonds d’investissement d’Alphabet, la maison mère de Google, est entré dans le capital.

Lancée par Patrick et John Collison, deux frères irlandais respectivement âgés de 28 ans et de 26 ans, Stripe s’est fixé pour mission «d’augmenter le produit intérieur brut d’Internet», explique Will Gaybrick, son directeur financier. L’entreprise permet de facilement intégrer des options de paiements – cartes bancaires, Apple Pay, Android Pay mais aussi la monnaie virtuelle bitcoin – sur un site internet ou une application mobile.

Gain de temps et tarification simplifiée

Il suffit en effet de copier-coller quelques lignes de code informatique pour accepter des paiements dans 130 devises différentes. Selon Stripe, c’est l’affaire de dix minutes seulement, ce qui représente un gain de temps considérable par rapport aux acteurs traditionnels. Autre avantage: une tarification simplifiée, uniquement composée d’une commission prélevée sur chaque transaction.

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Sans le savoir, environ la moitié des Américains ont réglé un achat par l’intermédiaire de Stripe au cours des douze derniers mois. La société, qui ne publie aucune donnée financière, assure enregistrer une forte croissance de son activité. Selon le «Wall Street Journal», son volume de transaction se rapprocherait de celui de Square (13,2 milliards de dollars au cours du troisième trimestre).

Lyft, Kickstarter ou Macy’s comme clients

Plébiscitée par d’autres start-up, la solution de Stripe est répandue dans les entreprises de la nouvelle économie. Elle est par exemple utilisée par Lyft, le principal rival américain d’Uber, par la plateforme de financement participatif Kickstarter ou encore par Instacart, un service de livraison de courses à domicile. Plus récemment de grandes entreprises sont également devenues clientes, comme Macy’s et Target, deux des principaux distributeurs aux Etats-Unis.

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La société californienne n’est pas la seule à espérer tirer profit de la croissance du commerce en ligne. Ses deux principaux concurrents se nomment Braintree, une start-up américaine rachetée en 2013 par PayPal, le géant du paiement en ligne, et Adyen, une société néerlandaise qui compte Uber, Airbnb, Netflix et Spotify comme clients. Face à ses rivaux, Stripe veut accélérer. «2017 sera l’année de l’offensive», explique Will Gaybrick.

Diversification en cours

La jeune pousse prévoit notamment d’utiliser les liquidités apportées par sa dernière levée de fonds pour mener des acquisitions. «Nous allons lancer notre plateforme dans de nombreux pays l’année prochaine», ajoute son directeur financier. Actuellement, celle-ci est disponible dans 25 pays. Autre ambition: poursuivre le développement de services annexes.

A l’image de la stratégie suivie par Square, Stripe cherche en effet à se diversifier. En février, l’entreprise a par exemple lancé Atlas, une plateforme permettant à un entrepreneur étranger de créer une société aux Etats-Unis. Cet été, elle a ouvert à l’ensemble de ses utilisateurs sa plateforme Connect, notamment utilisée par Lyft pour payer ses chauffeurs.

Pour Stripe, ces services sont un moyen de fidéliser ses clients, en leur proposant un ensemble de solutions. Mais c’est aussi un moyen de soutenir ses marges, alors que le paiement en ligne offre traditionnellement des marges assez faibles. Une étape importante pour devenir rentable. Et ainsi justifier son nouveau statut.