Les produits structurés à barrière viennent de connaître le premier vrai test de leur courte histoire.

Après la dernière dégringolade des marchés d'actions qui a commencé mi-octobre pour s'achever fin novembre, de nombreux investisseurs en «Reverse convertibles» et en «Worst off» (reverse convertibles à multiples sous-jacents), ont dû grincer des dents. Jamais autant de barrières n'avaient été cassées. Ce type de produits structurés table sur le fait qu'un titre ou un panier de titres ne tombera pas en dessous d'une barrière fixée au moment de l'achat du produit. Si la barrière est cassée, l'investisseur perd la protection du capital, et le produit lui livre l'action sous-jacente à prix bradé. Il continue néanmoins de toucher le coupon jusqu'à l'échéance. Les barrières sont typiquement placées à 20-25% en dessous du prix au moment de l'émission. Or les valeurs financières, prises dans la tourmente de la crise «subprime», ont perdu dans beaucoup de cas plus de 25% en octobre, prenant les investisseurs de court.

Selon Finanz & Wirtschaft, 15% des Barrier Reverse Convertible toutes catégories émis par Vontobel ont cassé leurs barrières. Dans la catégorie offrant les coupons les plus élevés et ayant plusieurs sous-jacents, ce sont 23% des barrières qui ont été touchées. Dans celle des Reverse Convertibles aux coupons les plus élevés avec une seule action sous-jacente, 27% des barrières ont été cassées, calcule FüW. Chez UBS, entre 10% et 15% des produits ont aussi exécuté, indique le bihebdomadaire alémanique, citant la grande banque. Chez Goldman Sachs, 32% des produits à multiples sous-jacents ont touché leurs barrières, et 26% de ceux à unique sous-jacent, selon le site internet.

Une valeur comme UBS, entre son niveau de 67 francs mi-octobre, et celui de 48 francs du 22 novembre, a perdu 28%. Credit Suisse a perdu 25% entre mi-octobre et le 22 novembre. Swiss Re a cédé 28% entre son pic d'octobre et le 27 novembre. Les produits émis durant le 1er semestre de cette année ont aussi souffert: UBS se traitait à 80 francs en janvier. Elle a renoué avec ces niveaux en avril, puis en mai. Or fin juin déjà, à 64 francs, le titre était 20% en dessous de ce niveau. Il est à 55 francs aujourd'hui. Les «worst off» ont aussi souffert: un investisseur qui détient un produit contenant UBS, Nestlé et Roche n'aura plus droit à la protection du capital si seule UBS a touché la barrière.

En revanche, les produits émis début novembre restent très attrayants. UBS était par exemple à 54 francs, et les barrières sont situées vers la zone confortable de 35-38 francs. La forte volatilité actuelle offre à ces produits des coupons très élevés, pour des niveaux de protection très intéressants, car très bas.