Economie

Structurés: bientôt plus de 10% des portefeuilles?

Si les produits structurés sont devenus un des sujets à la mode du monde

Si les produits structurés sont devenus un des sujets à la mode du monde financier, au même titre que les fonds alternatifs, cela ne doit rien au hasard. Non seulement ils occupent une part croissante dans les portefeuilles, du fait de la variété de produits susceptibles de s'adapter à tout profil d'investisseur, mais ils ouvrent aussi toute grande la porte vers l'innovation. Leur part dans les portefeuilles des investisseurs est destinée à croître.

Cet aspect de la question n'est de loin pas négligeable sur un marché où les compétences et les ressources ont la fâcheuse tendance à s'uniformiser. Mais ne s'improvise pas expert en la matière qui veut. Pour occuper le terrain dans le segment convoité des structurés, une certaine taille critique s'impose, alliée à la qualité des prix et du service, notamment en termes de cotation sur le marché secondaire. Sans oublier une des vertus premières de ce métier, à savoir la capacité de créer des produits relativement simples à expliciter même si leur architecture est complexe à réaliser.

Dans ce contexte, quels sont les desiderata actuels de la clientèle, en sachant que les structurés représentent aujourd'hui une part comprise en moyenne entre 2 et 10% des portefeuilles? On constate que les produits à caractère ultra-défensif d'une part et, d'autre part, ceux plus agressifs, adossés à des sous-jacents relatifs aux marchés émergents, ont clairement le vent en poupe. Pour répondre à cette demande, l'industrie bancaire a clairement joué le jeu de la valeur ajoutée.

Un exemple: un produit à capital garanti (Phoenix), échéance cinq ans, libellé en dollars et adossé à un panier de vingt blue chips internationaux, conçu pour battre le rendement de 5% d'une obligation sans risque. Objectif du produit: le versement d'un coupon annuel de 10%, garanti la première année et optimisé les années suivantes grâce à deux mécanismes, l'un de rattrapage des coupons passé et l'autre de verrouillage des coupons futurs.

Comme on le remarque facilement, la diversité des sous-jacents permet aujourd'hui aux produits structurés en plein développement d'occuper une part croissante dans l'univers financier.

Si l'on prend le cas d'une banque privée d'une certaine dimension active dans le secteur, elle est tout à fait capable de structurer des produits pour un volume d'affaires annuel de l'ordre de 2 à 4 milliards de francs. Dans ces conditions, il n'est pas choquant de penser qu'une part de 10% de structurés dans les portefeuilles ne constitue en rien une barrière infranchissable. D'autant que le secteur fait preuve d'une transparence que pourrait bien lui envier l'univers des fonds de placement.

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