Coup d'accélérateur des activités technico-médicales dans le canton de Neuchâtel. Après Johnson & Johnson, qui emploie 850 personnes dans la région et qui a investi 20 millions de francs dans l'extension de son site de production au Locle, Stryker était à l'honneur mardi.

Le groupe américain, un des leaders du marché mondial de l'orthopédie déjà présent en Suisse, a présenté son nouveau site de production au Crêt-du-Locle à La Chaux-de-Fonds. Rattachée à la division Spine de la multinationale, cette usine est spécialisée dans les implants vertébraux. «Ici, nous fabriquerons des produits qui sont utilisés en cas de traumatologie ou d'usure de la colonne vertébrale», a expliqué Guillaume Finck, directeur de l'usine. Le centre s'occupera également de la distribution des produits dans plus de 100 pays. Pour l'heure, une quarantaine de personnes ont été engagées. «Mais d'ici à quelques années, nous serons 150», ajoute le directeur.

Le site de La Chaux-de-Fonds vient compléter la production réalisée dans l'usine bordelaise du groupe. «La division Spine affiche d'importants taux de croissance. Après plusieurs extensions sur le site français, en 1992 et 2002 notamment, nous souhaitions créer quelque chose dans un pays européen», précise Guillaume Finck.

Le canton de Neuchâtel s'est livré à une concurrence qualifiée d'acharnée avec l'Irlande pour décrocher ce projet. C'est pourquoi la promotion économique, qui a frappé un grand coup avec l'implantation de Stryker, était tout sourire mardi. «Le savoir-faire de l'Arc jurassien dans les microtechniques a été déterminant dans cette implantation», estime Alpaslan Korkmaz, directeur adjoint du service de développement économique.

Stryker Spine a investi 25 millions dans le projet jusqu'à présent. Les deux tiers ont été utilisés pour la construction de l'usine, d'une surface de 8000 m2, érigée en quelques mois seulement. Le tiers restant a servi à élaborer le parc des machines. Des espaces pour l'extension future du bâtiment sont d'ores et déjà réservés, note la promotion économique. «Ce résultat constitue une grande satisfaction parce que ce fut un travail de longue haleine, et que les technologies médicales constituent un axe stratégique de développement pour Neuchâtel», souligne le directeur adjoint de la promotion. Bernard Soguel, directeur du Département cantonal de l'économie publique, ajoute que Stryker va renforcer significativement la position du canton dans les activités technico-médicales.»

L'attrait de ces grands groupes semble déjà opérer. En effet, d'ici à quelques semaines, le service cantonal devrait annoncer l'arrivée d'un autre grand nom des implants orthopédiques. «Il s'agit d'un très gros projet. Nous ne pouvons pas encore dire le nom, ni le lieu d'implantation. Mais il s'agit d'un groupe américain qui construira dans le canton un centre de production et son quartier général», précise Alpaslan Korkmaz. Un ultime succès pour ce dernier, qui a annoncé son départ de la promotion économique neuchâteloise.