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Le stylo connecté de Montblanc, intéressant mais perfectible

«Le Temps» a pris ses notes quelques jours sur l’Augmented Paper de Montblanc. Il faut se donner une certaine peine pour ne pas devoir reprendre le texte sur son ordinateur.

«Vail in comment commence at which sur l’Augmented Paper de Tant blue si l’on re se de une pas hop de mol por l’einne.» Ou, en clair: «Voilà comment commence cet article sur l’Augmented Paper de Montblanc si l’on ne se donne pas trop de mal pour l’écrire.» Premier constat: le dernier appareil connecté lancé par la marque du groupe Richemont a parfois du mal à retranscrire numériquement nos notes manuscrites.

Après l’e-strap, un bracelet que l’on peut fixer à n’importe quelle montre mécanique pour la rendre «smart», ou son porte-clés relié au smartphone via Bluetooth, la griffe connue pour ses stylos Meisterstück poursuit donc son incursion dans l’univers des objets connectés. En octobre, elle a lancé l’Augmented Paper, un appareil qui mélange «le plaisir d’écrire sur du papier» et «l’efficacité du numérique», à en croire la communication de la griffe au logo étoilé. Son but est de s’attaquer à un marché plus jeune qui apprécie toujours l’écriture sur papier, mais qui souhaite disposer facilement de ses notes sur des supports numériques. Le tout reste perfectible mais, à notre sens, l’objectif de l’Augmented Paper est atteint.

Avec n’importe quel papier

A la livraison, l’appareil est composé de trois éléments: un support en cuir, un carnet classique et une version améliorée du stylo de type «Starwalker». On trouve également une prise pour recharger le support en cuir et trois mines de rechanges. L’ensemble coûte 665 francs – en sachant que la version «simple» du style Starwalker coûte déjà 405 francs. Le support en cuir, de très bonne facture, provient des ateliers de Montblanc à Florence.

Le dispositif fait appel à deux technologies. La première se trouve dans le stylo équipé d’un émetteur d’ondes électromagnétiques qui s’active à chaque fois que la pointe de l’appareil entre en contact avec le papier. La seconde se trouve dans une sorte de scanner intégré à l’étui en cuir, sous le calepin.

Pour faire fonctionner l’appareil, il faut écrire avec le bon stylo dans le bon étui en cuir mais sur le papier que l’on souhaite, à condition que ce dernier ne soit pas d’une épaisseur de plus de 9 millimètres. Un bon point. Seul le second des deux éléments doit être rechargé via une prise USB – sur ce point, Montblanc évoque une longévité de la batterie d’une semaine à usage normal et de huit heures en utilisation intensive ce qui correspond à notre expérience.

Simple à utiliser

Une fois les notes prises, un clic suffit pour les envoyer sur l’application Montblanc que l’on aura préalablement téléchargé sur son portable ou sa tablette (iOS ou Android). La synchronisation entre l’Augmented Paper et son appareil est simple et prend moins de cinq minutes montres en main. Un bémol: l’appareil de Montblanc ne peut pas être «synchronisable» avec deux appareils différents en même temps. Le document peut ensuite être archivé, retravaillé, amélioré, colorié, effacé ou, enfin, envoyé en différents formats (texte,. JPG,. PNG,. PDF,. WILL).

Après quelques jours d’utilisation, nous avons particulièrement apprécié la simplicité d’utilisation de l’appareil et la qualité de l’image qui en résulte. L’archivage des notes est pratique et la transmission des documents (via sms ou mail) se révèle facile et intuitive.

On regrette en revanche la manière parfois hasardeuse dont l’appareil retranscrit le texte écrit à la main en document numérique – comme l’indique le début de cet article. Il faut se donner une certaine peine pour ne pas devoir reprendre le texte sur son ordinateur. Par ailleurs, l’étui est réalisé de telle manière que le scanner ne peut «lire» que lorsque l’on écrit sur les pages de droite de notre carnet. Pas pratique.

Plusieurs concurrents

Montblanc s’aventure sur un marché qui déjà occupé par plusieurs concurrents. On peut par exemple citer Moleskine et son «Smart Writing Set» (199 dollars), composé d’un carnet de notes et d’un stylo «intelligent» qui retranscrit en direct les dessins ou écriture. Autre exemple, Apple. La marque américaine a lancé un stylo dédié (99 dollars) avec la dernière mouture de son iPad Pro. Un outil qui s’adresse davantage à des illustrateurs qu’à de «simples» preneurs de notes.

Reste une question: pourquoi est-ce que Montblanc a baptisé cet appareil «Augmented Paper» alors que, des trois éléments qui le composent, seul le papier n’est pas «augmenté»? La société répond simplement que cette technologie permet de passer du papier au numérique.

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