Un piège! C'est ce que veulent éviter les représentants des grévistes de «la Boillat». Ils en ont décelé un, mercredi, en analysant le protocole de médiation élaboré par Rolf Bloch, approuvé par Swissmetal et le syndicat Unia. Les leaders des grévistes se disent «globalement d'accord» avec les conditions préalables à la reprise des négociations et du travail. A une nuance près.

Ils ne précisent pas laquelle, mais ceux qui connaissent le CEO Martin Hellweg subodorent dans la formulation d'un paramètre nouveau de la médiation, visiblement amené par la direction de Swissmetal et lié au rôle des cadres, un risque élevé de chausse-trappe. Que les mandataires d'Unia, Renzo Ambrosetti et André Daguet, n'avaient pas flairé dans leurs discussions avec Rolf Bloch, Martin Hellweg et Friedrich Sauerländer.

Les présidents des commissions du personnel de Swissmetal Boillat ont demandé à Unia, qui fait le lien entre les grévistes et Rolf Bloch, de ramener le projet au médiateur, «afin d'obtenir un éclaircissement et des garanties», précise Nicolas Wuillemin. Le protocole n'a pas été soumis à l'assemblée des grévistes.

Rolf Bloch est prié de préciser son texte et de le soumettre de nouveau à Swissmetal. «On nous dit que la direction ne serait pas atteignable cette fin de semaine», dit encore Nicolas Wuillemin, qui a proposé à ses collègues de reconduire la grève «vraisemblablement jusqu'à lundi».

Lorsqu'on lui fait remarquer que les grévistes jouent avec le feu et qu'ils sont insensibles aux appels des clients et de Joseph Deiss à la reprise du travail, Nicolas Wuillemin rétorque que «le 14 février, nous avons accepté le protocole Bloch et la suspension de la grève. Mais la direction a rejeté le texte et il a fallu une semaine pour en refaire un. Dès que nous aurons la clarification demandée, nous pourrons voter et reprendre le travail.»

L'éclaircissement réclamé concerne l'une des conditions préalables à la mise en route des négociations. Tenue secrète, cette plate-forme exige la reprise du travail, la désignation d'un directeur de site à Reconvilier, l'annulation des licenciements et la fin du lock-out. D'aucuns pensent que le grain de sable se trouve dans la formulation confuse de la suspension des licenciements des cadres. «C'est plus subtil», corrige un leader des grévistes. Ce jeudi est le 30e jour de grève.