Les négociations sur le Cycle de Doha reprennent mardi prochain. Des hauts fonctionnaires d'une dizaine de grands pays se retrouveront à Genève de façon informelle. Ils tenteront de trouver un terrain d'entente sur les nombreux points litigieux qui ont conduit à l'échec de la dernière conférence ministérielle, en juillet. La rencontre n'aura pas lieu dans les enceintes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) alors même que son directeur Pascal Lamy bat la campagne pour la reprise des négociations. Ces dernières semaines, il s'est rendu notamment à New Delhi, à Washington et à Oslo.

C'est sur cette toile de fonds de confusion sur les négociations et d'incertitudes sur l'impact d'un éventuel accord que Ideas, une association suisse active dans le commerce international, organise le Geneva Trade & Development Forum (GTDF). Il aura lieu du 17 au 20 septembre dans la station valaisanne de Crans-Montana.

Comment profiter du commerce pour améliorer les niveaux de vie? Comment transformer les recettes des exportations des matières premières en atouts pour le développement? Comment concilier la sécurité alimentaire et la libéralisation du commerce? Quels sont les liens entre le travail décent et les échanges mondiaux? Telles sont les questions auxquelles quelque 300 ministres, hauts fonctionnaires et représentants d'organisations internationales seront appelés à répondre lors de la manifestation.

Nicolas Imboden, directeur d'Ideas, explique d'emblée que le processus de la globalisation, c'est-à-dire la suppression graduelle des barrières dans le mouvement des marchandises, des services et des capitaux, est un fait accompli. «Un repli n'est pas souhaitable dans la mesure où elle représente beaucoup d'espoir pour les pays pauvres», explique l'ancien délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux. Et d'ajouter: «Même si les négociations du Cycle de Doha sont conclues, ces derniers auront toujours besoin d'un accompagnement pour pouvoir tirer bénéfice de la libéralisation du commerce international.»

«Nous avons le sentiment que l'aspect développement n'a pas été pris en compte dans les négociations de Doha à ce jour», affirme Nicolas Imboden. Prenant l'exemple du dossier coton, il a indiqué que les producteurs africains du coton attendent en vain la fin des subventions qui sont néfastes à leur propre production.

Engagement politique

En quoi le GTDF pourrait-il être utile aux pays pauvres? «Nous ne nous demandons plus «quoi?», mais «comment?» Les participants au forum de Crans-Montana devront trouver des solutions concrètes aux problèmes précis et surtout, s'engager à les mettre en pratique dans les six prochains mois», explique Nicolas Imboden. Selon lui, la participation à divers niveaux facilitera l'application des mesures décidées au forum. Exemple: les délégués devront proposer des solutions concrètes pour le développement du tourisme au Mozambique, pays d'Afrique australe, qui a un grand potentiel. Les délégués mozambicains discuteront du financement des infrastructures et de formation avec les représentants des organisations internationales. Un plan d'action sera approuvé et sera mis en application après le forum.

Le GTDF, qui devrait devenir un événement annuel, est soutenu par l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Canada et le Danemark. «Il ne s'agit pas juste d'une participation financière, mais également d'un engagement politique pour accompagner les changements pour aider les pays pauvres», conclut Nicolas Imboden.