«Lundi soir, je pariais que le contrat avec Toll Collect ne serait pas résilié»: le patron de Fela, la PME qui produit l'appareil de saisie de la taxe poids lourds helvétique, est étonné. Après avoir pronostiqué très tôt la débâcle technologique de Toll Collect, il aurait des raisons de savourer sa revanche. Mais pas une once de «Schadenfreude» dans sa voix. L'industriel thurgovien est fidèle à lui-même: fair-play.

Fela, dit son patron, a ses chances, mais il est trop tôt pour s'emballer: «Une surprise n'est pas exclue ces deux prochains mois.» Quinze jours plus tôt, le Suisse privilégiait un remodelage du consortium – «la seule façon d'organiser le sauvetage rapide du projet». Associée à trois autres sociétés européennes (Thales, Kapsch et K-Fee), Fela a offert à Toll Collect de construire la partie technique, le consortium se réservant l'exploitation du système. Sa proposition est restée sans réponse. Ernst Uhlmann sait pourtant que l'administration allemande s'intéresse à ce pool. Fela a un autre atout: un gentlemen's agreement avec les Italiens d'Autostrada. Si ceux-ci récupèrent le marché, les Suisses seront associés pour la technique. «Eux au moins, savent de quoi ils parlent», sourit Ernst Uhlmann.