Les efforts d'Alcan pour assurer les salariés que son OPA sur Pechiney, si elle réussit, n'entraînera aucune suppression d'emploi, sont réduits à néant en Suisse. Le 18 juillet, soit dix jours après l'annonce de l'opération sur le groupe français, Alcan annonce en effet son intention de supprimer 170 emplois sur 400 à Kreuzlingen, dans le canton de Thurgovie. De quoi démentir sa campagne de la publicité dans les médias français (lire ci-dessus).

Depuis lors, les salariés s'emploient à convaincre la direction du groupe canadien d'engager un dialogue avec eux, les syndicats et les autorités cantonales. Ils sont persuadés que la production de contenants pour l'industrie alimentaire et de feuilles d'aluminium, qui va passer à la trappe ou être transférée vers d'autres sites d'ici à 2004, peut être rentable sur le site thurgovien. Le syndicat FTMH a par ailleurs lancé une pétition sur son site Internet pour recueillir un maximum de soutien.

Alcan argumente qu'il veut augmenter la compétitivité du site et y concentrer uniquement ses activités dans les emballages souples destinés à l'industrie pharmaceutique. Tout à fait officiellement, «cette restructuration n'a rien à voir avec Pechiney», assure John Gardner, vice-président de la communication chez Alcan Suisse. Ces dernières années, le groupe a déjà supprimé quelque 2000 emplois en Europe. D'ailleurs, la plupart de ses concurrents ont fait de même pour faire face au rythme cyclique de l'industrie de l'aluminium.

Le groupe canadien, qui a fusionné en 2000 avec Algroup (ex-Alusuisse) détient depuis lors des usines en Valais à Steg, Sierre, Chippis et Kreuzlingen. En tout, le groupe emploie près de 1600 personnes dans ces sites spécialisés dans la production de tôles automobiles, de tôles fortes, de grands pofilés. Au total, Alcan, numéro deux mondial, emploie 88 000 personnes, dont 47 000 en Europe dans 322 usines réparties dans 50 pays. C'est ce que dit sa pub!