La Suisse se distingue régulièrement dans les classements portant sur l'imposition des personnes physiques. En matière de fiscalité des entreprises, les comparaisons sont plus ardues. Outre le niveau d'imposition des sociétés, d'autres facteurs, comme les cotisations sociales et le temps consacré à remplir une déclaration d'impôt, sont à considérer.

Dans sa dernière étude, PricewaterhouseCoopers (PwC) calcule d'abord le taux d'imposition totale («total tax rate»). Cette mesure comprend non seulement le taux d'imposition des entreprises proprement dit, mais inclut aussi la contribution de l'employeur aux prélèvements sociaux. Ce taux a diminué à 28,9% en 2008, contre 29,1% en 2007. Le pays se place ainsi au 30e rang sur 181 pays pris en compte. En Europe, seuls le Luxembourg (21%) et l'Irlande (28,8%) sont plus attrayants que la Suisse. Ce taux atteint 50,5% en Allemagne et 65,4% en France.

Prélèvements sociaux

Si le taux d'imposition des entreprises est très bas en Suisse avec 8,9% - il est de 14,2% en Irlande -, les prélèvements sociaux pèsent néanmoins lourd sur la balance. Avec 16,7%, ils représentent plus de la moitié du taux d'imposition total des entreprises helvétiques. C'est un tiers de plus qu'en Irlande (12,1%). Le poids des prélèvements sociaux en Suisse relativise les différences d'imposition des entreprises entre cantons, observe Andrin Waldburger, associé chez PwC Suisse. «Les réformes fiscales, qui ciblent exclusivement la baisse de l'impôt sur le bénéfice, ont une portée limitée. Les réformes administratives sont au moins aussi importantes», estime-t-il. Autre critère: les entreprises suisses consacrent en moyenne 63 heures par an pour remplir leur déclaration, contre 229 heures dans les pays de l'OCDE. En Europe, seul le Luxembourg, avec 59 heures, fait mieux sur ce plan.

En revanche, les entreprises helvétiques effectuent pas moins de 24 versements distincts auprès de diverses administrations fiscales, comparés à 9 paiements en Irlande. «La Suisse doit encore réduire la complexité de son système», juge le spécialiste. En pondérant ces trois critères, le pays se classe au 19e rang du classement de PwC.