La Suisse gagne en compétitivité. Cette affirmation ressort du rapport 2002-2003 sur la compétitivité publié mardi par le World Economic Forum (WEF). Cette étude annuelle compare les forces et les faiblesses de 80 économies nationales. Si les Américains ont retrouvé le leadership perdu l'an dernier au profit de la Finlande, les Helvètes tirent également leur épingle du jeu. La compétitivité globale suisse gagne en effet neuf places, passant du 15e au 6e rang. Au lendemain de la révision par UBS de ses prévisions de croissance pour l'année en cours, la grande banque table désormais sur une contraction de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) suisse en 2002. Ces conclusions rassureront peut-être des Helvètes échaudés par les derniers indicateurs conjoncturels, soit un taux chômage au plus haut depuis trois ans et demi ainsi qu'une chute de la confiance des ménages. La reprise, prévue toujours selon l'établissement financier en 2004 seulement, devrait tirer les bénéfices de cette compétitivité.

L'analyse publiée par le WEF repose sur deux indices distincts. Le premier mesure le potentiel de croissance économique du pays sur les cinq à huit prochaines années, estimé selon l'environnement macroéconomique, la capacité technologique et l'efficacité des institutions publiques (classement ci-contre). Le second prend en compte les facteurs qui contribuent à la productivité actuelle.

Parmi les points forts de la Suisse, l'organisateur du Forum de Davos met en exergue, au-delà de l'environnement macroéconomique (taux d'intérêt, inflation et épargne), les progrès technologiques enregistrés par le pays. «La Suisse profite d'un environnement institutionnel et macroéconomique qui reste de grande qualité, relève Peter Cornelius, responsable du service économique auprès de l'organisation non gouvernementale. L'innovation réalisée dans les entreprises est l'autre atout suisse», poursuit l'économiste. Le WEF souligne plus particulièrement le niveau d'innovation des entreprises helvétiques (troisième rang sur la base de ce critère). De nombreux secteurs consacrent «au moins 15% du chiffre d'affaires à la recherche et au développement», précise Peter Cornelius à propos de la Suisse. Dans le second volet de l'étude, qui s'intéresse aux facteurs contribuant à la productivité observée aujourd'hui, l'institution mentionne entre autre le niveau de qualification du personnel employé dans le pays (première place) et le climat marquant les relations entre patronat et syndicats.

Bonnes données qualitatives

Ce bond en avant réalisé par l'économie suisse dans le classement du WEF vient corroborer les résultats d'un rapport du même type publié au printemps par l'Institute for Management Development (IMD) à Lausanne et cela malgré une méthodologie en partie différente. L'analyse du WEF, réalisée en collaboration avec l'Université de Harvard, se base sur des questionnaires remis à 4800 décideurs alors que l'institut lausannois se réfère à des données statistiques complétées par un sondage.

La Suisse figure au septième rang du classement publié à la fin avril par l'IMD, en progrès de trois places. L'institut souligne aussi les excellentes données qualitatives (motivation des employés, relations de travail, dépenses de recherche) et d'infrastructure marquant le pays. A noter que le trio de tête ne varie que faiblement à la comparaison des classements établis par les deux institutions. On retrouve les Etats-Unis – économie la plus compétitive du monde – à la première place, la Finlande à la seconde, puis Taïwan pour le WEF et le Luxembourg pour l'IMD à la troisième marche du podium.