La Suisse arrive en tête du rapport annuel établi par la banque Edmond de Rothschild sur la transition énergétique. L’étude se base sur des données de 2017 pour déterminer les pays les plus avancés en la matière: la Suisse, la Colombie et la Suède; et ceux qui sont à la traîne: le Qatar, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Pour établir ce classement, l’institut Edmond de Rothschild a analysé les données de 60 pays en 2017 et a pris en compte quatre critères: la consommation d’énergie, les émissions de CO2, la part de la consommation d’énergies fossiles dans la consommation d’énergie totale et l’efficience énergétique.

En Suisse, la consommation d’énergie primaire est élevée: 3,1 kg contre 1,7 kg par personne au niveau mondial. Mais elle compense en limitant l’utilisation d’énergies fossiles – 50,5% contre 81% au niveau mondial – grâce à l’éolien et à l’hydroélectricité principalement. Son efficience énergétique (le PIB par unité d’énergie utilisée) est l’une des plus élevées du monde. Mais ses ressources naturelles ne sont pas les seuls facteurs d’explication de la réussite suisse.

Le rapport souligne que «la Suisse a créé une conscience collective autour des questions d’environnement, encourageant les entreprises et les pouvoirs publics à être actifs dans ce domaine». Une prise de conscience politique matérialisée en 2011 en décidant d’arrêter définitivement les centrales nucléaires une fois qu’elles auront atteint 50 ans (2034). Depuis, la Suisse jongle entre mesures contraignantes avec des taxes et mesures incitatives avec des déductions fiscales. En pratique, depuis 1977, des programmes de recherche et développement ont été mis en place, et des fonds injectés: 33,7 millions de francs suisses pour la recherche en efficience énergétique en 2015 et la même somme en 2018 pour des projets pilotes.

Politiques incitatives

En 1991 une loi imposait aux gestionnaires de réseaux de racheter aux producteurs indépendants l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables à un prix de reprise garanti. Défavorable aux gestionnaires, le coût était compensé en étant répercuté sur les ménages et les entreprises. En 2009, un système similaire s’appliquait via le programme de Rétribution à prix coûtant (RPC), en garantissant au producteur d’électricité renouvelable un prix qui couvre ses coûts de production (2,3 ct/kWh depuis 2018).

Le gouvernement a aussi mis en place des mesures incitatives, en subventionnant des programmes de recherche et par des exemptions fiscales. Par exemple, en 2010 lorsqu’une déduction fiscale pour assainir les bâtiments anciens a été financée par des contributions cantonales et les recettes sur la taxe CO2. Un pari économique et politique qui semble marcher sur le plan écologique.