Le libre-échange expliqué aux nuls. C’est sous cet intitulé assumé que la Fédération romande des consommateurs (FRC) a invité, vendredi à Morges, Luzius Wasescha, ambassadeur et ancien négociateur en chef de la Suisse auprès de l’OMC, à décortiquer les accords bilatéraux qui se multiplient à travers le monde. Si celui avec la Chine occupe les esprits, la FRC rappelle que la Suisse a déjà conclu 26 accords de libre-échange, avec 35 partenaires extra-européens. «Les consommateurs peinent à en évaluer les retombées», constate la fédération.

Luzius Wasescha s’est surtout étendu sur le contexte diplomatique. Par exemple, «ne pas donner plus à la Chine qu’à l’UE, sous peine de devoir lui concéder davantage par la suite». Mais les questions de l’auditoire se sont concentrées sur les droits de l’homme. «Il est compliqué d’influencer un éléphant comme la Chine. Si l’accord permet d’ouvrir le débat, c’est déjà très bien, a expliqué Luzius Wasescha. Mais croire que la Suisse va changer les droits de l’homme en Chine serait naïf.» Pourquoi, alors, se rapprocher d’un pays dans lequel les conditions de travail laissent à désirer? «L’intérêt premier reste économique. On ne peut décemment pas laisser passer cette chance d’être dispensé de taxes douanières en Chine avant l’Europe et les Etats-Unis. Et ce n’est pas du cynisme, c’est du réalisme.»