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COMMERCE

La Suisse et la Chine font un pas vers un accord de libre-échange

En visite officielle à Beijing, la conseillère fédérale Doris Leuthard a aussi annoncé que Berne reconnaît officiellement à la Chine le statut d'économie de marché.

La Chine et la Suisse vont entreprendre des études de faisabilité afin d'analyser s'il y a matière à négociations formelles en vue un accord de libre-échange entre les deux pays. De son côté, la Suisse reconnaît officiellement à la Chine le statut d'économie de marché. Tels sont les deux points forts de la première journée de la visite de la conseillère fédérale Doris Leuthard à Beijing, où elle a rencontré dimanche en fin d'après-midi le ministre du Commerce Bo Xilai.

«Nous avons ouvert la porte» déclarait à 22 heures locales une Doris Leuthard souriante, bien que n'ayant quasiment pas fermé l'œil en deux jours. «Très satisfaite de ce pas», la conseillère fédérale estime avoir atteint un des objectifs principaux de son voyage de douze jours en Chine et au Vietnam, où elle est accompagnée par quelque vingt-cinq patrons d'entreprises suisses.

La taille de cette délégation - la plus grande depuis quatre ans au moins - dit bien l'importance stratégique que la Suisse accorde à la Chine, dont certains calculent qu'elle deviendra la première économie du monde en 2015. Les exportations suisses vers ce pays ont décuplé en quinze ans, à 4,1 milliards de francs l'an dernier. Les importations de Chine ont augmenté un peu moins vite, à 3,9 milliards.

Portée symbolique

Très cordial dans ses mots de bienvenue, Bo Xilai a rappelé que les Chinois apprécient que la Suisse ait été un des premiers pays européens à avoir reconnu le nouvel Etat communiste en 1950. En accordant officiellement à la Chine le statut d'économie de marché, Berne fait un pas moins important qu'il y a 57 ans, mais dont il ne faut pas sous-estimer la portée symbolique. Obtenir cette reconnaissance est très important pour Beijing, d'autant plus que l'Union européenne (UE), de son côté, estime que toutes les conditions ne sont pas remplies pour cela. Interrogée sur les éventuelles réserves que l'on pourrait conserver face à Chine comme économie «de marché», Doris Leuthard répond que l'accession de cette dernière à l'Organisation mondiale du commerce a joué un rôle décisif pour ouvrir l'économie chinoise et que s'il reste du chemin à faire, le signal donné par les autorités est sans équivoque. L'attitude de réserve adoptée par l'UE «obéit aussi à des considérations d'ordre politique», a ajouté la ministre de l'Economie.

L'étude de faisabilité en vue d'un traité de libre-échange n'est pas mentionnée explicitement dans la déclaration commune signée dimanche soir et n'a pas été évoquée par Bo Xilai devant la presse. De plus, «nous ne connaissons pas encore la position des autres ministres, concède Doris Leuthard, ajoutant: il faudra faire preuve de souplesse des deux côtés». On peut donc considérer que la Suisse sait ce qu'elle a donné hier sans être sûre de ce qu'elle va recevoir en échange. Parmi les pays de l'AELE, la Chine a déjà entamé des négociations de libre-échange avec l'Islande et se trouve en phase exploratoire avec la Norvège. La Suisse est aujourd'hui sur le même pied que ce pays. Cette étape de prénégociations dure généralement deux ans.

L'enjeu à terme est très important. L'industrie des machines par exemple, dont la Chine est devenue le 8e débouché mondial, devant le Japon, se plaint de taxes douanières élevées, entre 12 et 20%. L'imposition des holdings est élevée, la dissolution de joint-ventures très compliquée. Quant au problème récurrent des contrefaçons, il a été abordé indirectement dimanche par la constitution d'un groupe de travail conjoint sur les questions de propriété intellectuelle.

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