De nombreux jeunes ont trouvé une place d’apprentissage ou un emploi en septembre, faisant diminuer de 3% le nombre de personnes sans emploi entre 15 et 24 ans. C’est le fait marquant des statistiques du chômage publiées lundi matin par le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco).

La météo très clémente de la fin de l’été a également prolongé l’activité dans l’hôtellerie et la construction en zone de montagne et contribué à ralentir les pertes d’emplois, ce qui aboutit globalement à une légère diminution de 183, à 142 675, du nombre chômeurs à fin septembre. Le taux de personnes sans emploi reste inchangé, à 3,2%.

L’embellie est nette sur le front de l’emploi selon Oliver Schärli, chef du centre de prestations marché du travail et assurance chômage au Seco. «C’est la première fois depuis 2011 qu’on assiste à un clair recul du chômage entre les mois d’août et de septembre. C’est un signe fort qui incite à l’optimisme, mais il est encore trop tôt pour parler de changement de tendance. Il faudra attendre deux ou trois mois pour pouvoir se prononcer à ce sujet.»

PIB revu à la hausse

Les prévisions du groupe d’experts de la Confédération pour 2016 ont déjà été récemment revues à la hausse en ce qui concerne le produit intérieur brut (1,5% au lieu de 1,4%) et à la baisse pour le chômage (3,3% au lieu de 3,4%). Un autre élément qui pousse à l’optimisme est le niveau de confiance des directeurs d’achats dans les entreprises (indice PMI).

«Mais la situation reste tout de même assez volatile, et l’impact du franc fort sur le secteur d’exportation n’est pas terminé», souligne Oliver Schärli. L’an dernier, on avait assisté à une remontée du chômage en fin d’année qui était passé de 3% en août à 3,5% en décembre. L’effet saisonnier à la hausse se fera sans doute aussi sentir cette année, mais il pourrait être atténué.

La recherche d’un emploi pour les jeunes s’est révélée plus facile en septembre 2016 que l’année précédente. Les chômeurs inscrits âgés de 15 à 24 ans ont diminué de 2,9%, et même de 9,3% pour les 15-19 ans, comparé au même mois de 2015. Ceux à la recherche d’un premier emploi, toutes catégories confondues, ont chuté de 11,6%. Plus de 20 000 jeunes sont cependant à la recherche d’un travail, et le taux de chômage dans cette catégorie d’âge reste supérieur à la moyenne (3,6% contre 3,2%).

Gros écarts en Suisse romande

En Suisse romande, le taux de personnes sans emploi est stable dans les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et du Valais. Il diminue de 0,1 point de pourcentage dans le Jura, et de 0,2 point à Fribourg. L’écart reste important entre Genève et Neuchâtel (respectivement 5,5% et 5,8%) et Fribourg (2,6%).

L’hôtellerie et la restauration restent la branche économique qui compte le plus de chômeurs (12 263) après le secteur de l’automobile (21 807), mais le taux de chômage est nettement plus élevé (6,7%, contre 3,9% dans l’automobile). En un an, le nombre de personnes sans emploi a diminué de 1,3 point de pourcentage dans l’hôtellerie et la restauration, alors qu’il a augmenté de 3,8 points dans le secteur industriel en général, et de 12,8 points dans l’horlogerie.