La Suisse compterait 800 000 illettrés

En Suisse, 13 à 19% des adultes ont des difficultés à lire et à comprendre un texte de la vie de tous les jours, selon une estimation de l’OCDE. Soit 800 000 illettrés. En excluant les étrangers, le taux atteint 10%. Ces chiffres rejoignent ceux du reste de l’Europe. Comme en Allemagne, la majorité d’entre eux – 66% – ont un emploi. Pour ces personnes, le risque de se retrouver au chômage est deux fois plus important que pour ceux qui n’ont pas de problème de lecture. En Suisse, ce risque représente à lui seul un manque à gagner global de 1,1 milliard de francs, selon une étude portant sur l’ampleur et la nature des coûts de l’illettrisme au niveau national, réalisée par le bureau spécialisé BASS sur mandat de l’Office fédéral de la statistique en 2007. Des associations comme «lire et écrire» tentent de venir en aide à ces analphabètes fonctionnels. En juin dernier, le parlement suisse adoptait un texte sur la formation continue, encourageant l’apprentissage de «compétences de base». L’Etat dépense 1 à 3 millions de francs pour lutter contre le problème. «Mais c’est trop peu», estime Bernhard Grämiger, directeur suppléant de la Fédération Suisse pour la formation continue. Selon lui, 30 millions de francs seraient nécessaires pour lutter contre l’analphabétisme fonctionnel. Il regrette «le manque d’intérêt porté par les syndicats suisses – contrairement aux syndicats allemands ou français – à la question de l’illettrisme au travail».