En Suisse, les dix-neuf casinos actuellement autorisés ont obtenu une concession de la Confédération. Les casinos virtuels sont en revanche interdits par la loi sur les maisons de jeu (LMJ). C'est aussi le cas dans le reste de l'Europe continentale. En février 2002, la justice helvétique avait séquestré plus de 5 millions de francs et amendé fortement douze personnes suite au démantèlement au Tessin d'un réseau de casinos virtuels.

«Les casinos auxquels la Confédération octroie une concession ne peuvent exploiter que des lieux physiques», précise José Bessard, directeur de la communication de la Loterie romande. La concession est attribuée en fonction de critères précis, explique le responsable, qui incluent des inspections du bâtiment: «En raison du critère territorial, les grandes loteries allemandes, par exemple, n'ont pas le droit de venir prospecter sur sol suisse, ce qu'elles font pourtant.»

Dans la pratique, ces interdictions n'empêchent pas les Suisses de jouer s'ils le désirent. Car il est difficile d'interdire à un joueur, qu'il soit Suisse ou Américain, de se connecter depuis chez lui à un site de jeu: «Certes vous n'êtes pas contrôlables si vous allez sur ces sites. Mais si vous vous faites gruger, c'est à vos risques et périls», prévient José Bessard.

Même si le siège de la maison de jeu est domicilié à l'étranger, la loi interdit de proposer en Suisse des jeux de hasard sur Internet, rappelle le site jeu.ch, consacré à l'actualité suisse des jeux d'argent. En janvier 2004, un Romand a été poursuivi pour avoir fait la promotion du site casino-genève.com, basé offshore. Pour la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ), toute activité visant à promouvoir de tels casinos depuis la Suisse est prohibée.

En revanche, on peut tout à fait cocher des numéros de loterie sur le site de Swisslotto. «Mais cela n'est qu'un moyen d'acheter le billet au lieu de le commander par la Poste, observe José Bessard. Cela s'apparente à du e-commerce, au même titre que l'achat de billets de théâtre sur Internet.»

Quant à l'avenir, le porte-parole de la Loterie romande n'entrevoit pas de si tôt une libéralisation ou réglementation spécifique aux casinos virtuels: «Ils sont difficiles à réglementer, que ce soit pour prélever l'impôt ou pour effectuer des contrôles anti-blanchiment.»