Technologie

La Suisse devient un centre mondial pour les drones

Plus de 60 entreprises helvétiques développent des solutions pour les drones, dont un tiers sont dans le canton de Vaud. A Lausanne se tient actuellement la Conférence internationale sur les drones

Ce vendredi après-midi, deux mondes en apparence totalement différents se côtoient sur le site de l’EPFL. A l’extérieur, sur un terrain transformé en champ de course, quatre drones s’affrontent simultanément à plus de 80 km/h sur un circuit entouré d’immenses grillages. A quelques mètres de là, dans le Learning Center, les dirigeants d’importantes entreprises actives sur le marché des drones présentent leurs progrès. Et parmi elles se trouvent plusieurs sociétés helvétiques, signe que la Suisse devient un acteur majeur au niveau mondial.

La Suisse, et Lausanne en particulier. La cité accueille de vendredi à dimanche la Conférence internationale sur les drones, organisée par la Fédération aéronautique internationale. Simon Johnson, cofondateur de la société OpenStratosphere, basée à Lausanne, fait le compte: «J’ai dénombré 67 entreprises spécialisées dans les drones basées et actives en Suisse, explique le spécialiste. Je pense qu’une vingtaine d’entre elles se trouvent dans le canton de Vaud. Il existe un incroyable écosystème dans la région et la Suisse est extrêmement bien placée au niveau mondial.»

«Nous ne sommes pas concurrents»

La société de Simon Johnson vise à faire voler des drones dans la stratosphère, et ce durant plusieurs mois. Parmi les entreprises locales les plus connues figurent Flyability (Lausanne), spécialisée dans la conception de drones pouvant voler dans des zones difficilement accessibles, Pix4D (Lausanne), active dans les logiciels de cartographie, ou encore SenseFly (Cheseaux-sur-Lausanne), qui fabrique des drones pour les agriculteurs ou les géomètres, par exemple.

Jean-Thomas Célette, responsable des ventes chez SenseFly, estime que «la région lémanique concentre un degré très élevé de sociétés actives dans les drones. Nous échangeons en permanence entre nous, cela crée une saine émulation car nous sommes tous actifs dans des domaines très spécialisés. Nous ne sommes pas concurrents.»

Sonja Betschart avait créé sa société WeRobotics, active dans les drones pour les pays en voie de développement, aux Etats-Unis, dans le Delaware. «Mais nous avons créé une structure en Suisse en début d’année. Car il y a de nombreux acteurs du marché ici. Et parce que de nombreuses organisations internationales avec lesquelles nous travaillons sont basées à Genève.»

Transporter des humains?

Les entreprises suisses sont dans leur majorité actives sur le segment professionnel. Pourrait-on imaginer que l’une d’entre elles entre sur le marché des consommateurs, voire sur celui du transport de personnes? «Ce n’est de loin pas impossible, estime Jean-Thomas Célette. Nous avons ici des entreprises qui maîtrisent de nombreuses technologies, et elles pourraient s’allier à des firmes étrangères.»

Quelques minutes plus tôt, l’entreprise américaine Aurora Flight Sciences venait de présenter ses projets de taxi volant, auxquels collabore Uber.

La Suisse est aussi louée pour sa régulation très souple par rapport aux drones. «L’Office fédéral de l’aviation civile effectue un travail remarquable, nous sommes un exemple pour de nombreux pays», estime Simon Johnson.

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