Technologie

En Suisse, les drones voleront dans un ciel plus sûr

La société lausannoise Involi rejoint le système de sécurité U-space, dont fait partie Skyguide. Dès juin, les propriétaires de drones pourront faire voler leur machine avec une meilleure visibilité

Ce vendredi, un nouveau pas est franchi vers la sécurisation du ciel suisse. La société Involi, basée à Renens (VD), rejoint le projet U-space, dirigé par l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) et dont fait partie Skyguide. Spécialisée dans la détection des aéronefs, spécialement ceux qui volent à basse altitude, cette start-up apportera son expertise pour diminuer les risques de collision entre avions et drones. Le 29 septembre dernier, un drone s’était par exemple dangereusement approché d’un Airbus de Swiss à l’aéroport de Zurich.

Forte de sept employés, Involi (anciennement OneSky) s’est spécialisée dans la détection du trafic aérien à basse altitude via l’installation d’antennes dédiées. Son objectif: indiquer aux pilotes de drone les avions et hélicoptères à proximité. Involi installe, dans le cadre de ses tests, ses antennes sur des tours relais appartenant à Swisscom, mais aussi sur les toits des bâtiments appartenant à la société d’investissement immobilier Swiss Prime Site. Jusqu’à présent, Involi a couvert environ 10 000 kilomètres carrés avec ses antennes, à Genève, dans la région zurichoise et dans le canton de Vaud, notamment.

Couverture totale en 2020

Pour Manu Lubrano, fondateur et directeur de la start-up, rejoindre le U-space est un pas important. «Cela valide nos travaux de recherche et nous permettra de démontrer l’efficacité de notre technologie, afin de la répliquer ensuite à l’international, que ce soit aux Etats-Unis ou en Afrique – où les drones sont de plus en plus utilisés. Et cela va aussi permettre, en Suisse, aux utilisateurs de ces machines de les faire voler avec davantage de sécurité.»

Lire aussi: La «Drone Valley» suisse s’étend sans cesse

Involi estime qu’en 2020, ses antennes auront couvert l’ensemble de la Suisse. Et dès juin de cette année, les pilotes de drone pourront déjà tester les autorisations de vol automatiques de l’U-space. Que ce soit sur un téléphone ou une tablette, ils auront la possibilité d’utiliser une nouvelle application dans laquelle ils enregistreront leur plan de vol. Ensuite, le système leur donnera un feu vert en cas de ciel libre. Et si un avion ou un hélicoptère devait s’approcher, une alerte s’afficherait immédiatement sur l’écran. Ce service sera gratuit et s’adressera à tous les propriétaires de drone. Pour l’utiliser, ils devront s’enregistrer avec leur carte d’identité.

Pas d’obligation

Utiliser ce service U-space ne sera pas obligatoire. Il n’est pour l’heure pas non plus obligatoire d’enregistrer son drone auprès d’une autorité centrale en Suisse. Mais cela pourrait changer. L’Union européenne songe à introduire cette obligation en 2020 et la Suisse pourrait suivre. Mi-2018, le Conseil fédéral recommandait au parlement d’accepter une motion exigeant d’encadrer l’utilisation des drones afin de garantir une meilleure sécurité aérienne. Mais il n’existe encore aucun système certifié pour enregistrer ces appareils.

Pour l’heure, U-space est testé aux alentours des aéroports de Genève et Zurich par Skyguide et la société américaine AirMap. Cette dernière se concentre sur la gestion des autorisations de vol en temps réel. Ces tests représentent le premier déploiement d’un service d’autorisation numérique entièrement automatisé pour les vols de drones en dehors des Etats-Unis, selon Skyguide. Les données d’Involi permettront donc de mieux sécuriser l’espace aérien particulièrement au-dessous de 150 mètres d’altitude, où volent la majorité des drones.

Vers les Etats-Unis

La société de Renens, qui a été en 2018 un des lauréats du prix de la Fondation W.A. de Vigier (d’une valeur de 100 000 francs), est actuellement en quête de fonds. Son but est de lever plusieurs millions de francs pour son développement. Manu Lubrano évoque ainsi la création d’un bureau aux Etats-Unis pour s’attaquer au marché local.

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