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Le Brésilien Roberto Azevêdo, directeur général de l'OMC, aux côtés d'Amina Mohamed, présidente de la 10e Ministérielle de l'institution et ministre kenyane du commerce. Entre les doigts des deux hauts-fonctionnaires: la déclaration de Nairobi, co...
© DANIEL IRUNGU

Négociations

La Suisse enterre sa «loi chocolatière» à Nairobi

Berne sauve la face. L'OMC s'évite de justesse un blâme. Mais la série d'accords conclus en Afrique est jugé très modeste par les ONG.

Cette fois-ci, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevêdo n'a pas versé de larmes. Car si les conditions de départ étaient comparables à celles d'il y a deux ans à Bali, le résultat obtenu à Nairobi est loin de produire la même émotion.

A leur arrivée au Kenya, en début de semaine dernière et après de longs moins de travaux en coulisses à Genève, les pays membres n'étaient encore d'accord sur à peu près rien. Ils sont repartis samedi triomphalement, au terme d'une Conférence ministérielle intense, qui aura duré plus longtemps que prévu, avec une modeste série de textes conclus. Et surtout beaucoup de questions en suspens. Raison pour laquelle cette cuvée africaine est jugée insatisfaisante par les représentants de la société civile présents. Décryptage, non exhaustif.

Cette réunion au sommet était fortement axée sur le développement. Ce qui n'a pas empêché l'épineuse question des réserves alimentaires indiennes de se solder par un renvoi à des discussions ultérieures à Genève. Idem pour le mécanisme spécial de sauvegarde, également cher à New Delhi et permettant d’augmenter temporairement ses droits de douane sur plusieurs denrées en cas de difficultés.

Des pas de fourmi

Un autre accord a toutefois été trouvé sur la simplification des règles d'origine, thème cher aux pays les moins avancés du globe. Consensus auquel s'ajoute un compromis sur les soutiens aux exportations, dossier prioritaire pour la Suisse.

Au terme d'âpres discussions, la Confédération s'est engagé à abandonner ses subventions aux produits agricoles transformés à base de lait et de céréales, faisant voler en éclat sa «loi chocolatière». Mais dans un élan mitigé: Berne doit mettre un terme à ses pratiques à destination des pays les plus pauvres dès 2016. Et faire de même pour les autres marchés, non pas dans sept ans, comme voulu, mais cinq. Cette période de transition est «le maximum auquel nous pouvions nous attendre», pondère Remigi Winzap, ambassadeur helvétique auprès de l'OMC.

L'Inde, pays militant par excellence, décroche un délai à 2023, soit cinq ans de moins que souhaité. Et Washington tire son épingle du jeu en maintenant ses pratiques de crédit aux exportations agricoles, mais en réduisant ses délais de remboursement de 24 à 18 mois, soit moins que souhaité par ses ses détracteurs. Voilà pour la percée qualifiée par l'OMC de «plus importante réalisée [la semaine dernière] dans le domaine de l'agriculture».

Réforme bottée en touche

L'avenir du cycle de Doha, en panne depuis son lancement voilà 14 ans? Cette réflexion, pourtant fondamentale, a été renvoyée à plus tard. Les intentions pour l'après-Nairobi se résument à quelques déclarations d'intention. Au détail près près que l'OMC mentionne formellement de profondes divisions sur la question.

L'ambition avant Nairobi était toutefois d'entamer des travaux pour moderniser l'OMC, qui fête cette année ces 20 ans. A savoir, rééquilibrer le mandat de l'institution, en y ajoutant des thèmes d'actualité, comme l'e-commerce, les investissements, le climat, le droit de la concurrence, l'énergie, etc. «Une nouvelle architecture de négociations aurait aidé l'OMC à tourner la page de son incapacité chronique à livrer des résultats ambitieux», déplore, en substance sur son blog, Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce.

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