La Suisse a enregistré au 4e trimestre 2008 un recul de 0,3% de son produit intérieur brut (PIB) et prévoit une récession de -0,8% en 2009, mais a terminé l’année dernière sur une hausse de 1,6%, selon les chiffres officiels publiés mardi par le ministère suisse de l’Economie.

Les chiffres du Secrétariat d’Etat à l’Economie (Seco) se situent dans la fourchette haute des prévisions des analystes, qui tablaient pour les trois derniers mois sur une baisse entre -1,2% et -0,2%, selon l’agence financière AWP.

Le Seco est également dépassé les estimations de la Banque nationale suisse (BNS, banque centrale) qui avait indiqué lundi s’attendre à un recul du PIB de 1,9% en chiffres annualisés, soit -0,5% par rapport au troisième trimestre.

«C’est plutôt une bonne nouvelle par rapport à la zone euro», qui a vu son PIB baisser de 1,5% au dernier trimestre, avait estimé l’économiste de la banque Pictet, Bernard Lambert. «La Suisse est en récession clairement et le premier trimestre (2009) sera aussi négatif», avait-il ajouté.

«La base est très saine, même si la Suisse a été très fortement touchée par le recul des exportations», a précisé le responsable de la politique économique du Seco, Aymo Brunetti, qui se refuse cependant à parler de récession.

«Nous ne pourrons pas échapper à la récession, car les deux premiers trimestres (2009) seront négatifs», a-t-il souligné, indiquant que l’année en cours devrait se terminer sur un recul du PIB de 0,8%.

«La croissance devrait se rétablir à partir du second semestre, mais ce pronostic est entaché d’une très grande incertitude», selon M. Brunetti.

Sur les trois derniers mois de l’année, la Suisse a été rattrapée par la crise économique mondiale, qui avait déjà fait stagner son PIB au troisième trimestre.

Les investissements ont ainsi reculé de 3,1% sur la période et les exportations ont baissé de 8,1%. La consommation des ménages n’a progressé que de 0,1%, tandis que les dépenses publiques ont gagné 0,7%.

Sur l’ensemble de l’année, la croissance suisse a atteint 1,6% en moyenne annuelle, contre 3,3% en 2007.