Classement

La Suisse exclue du top 10 des places financières mondiales

Zurich dégringole de deux places au 11e rang. Genève remonte mais n'est que 20e, selon le dernier classement de Z/Yen. Les experts relativisent, mais en profitent pour demander un affaiblissement de la pression réglementaire

Il n’y a plus de ville suisse dans le top 10 des plus importants centres financiers du monde. C’est ce qui ressort du dernier classement Z/Yen publié lundi. Zurich, qui figurait encore à la 9e place, est désormais 11e.

Pourtant, le rating de Zurich s’améliore de deux points, à 718. La plus grande ville de Suisse a perdu des points dans l’environnement des affaires, dans l’infrastructure, dans le développement du secteur financier et dans le capital humain, mais elle en a gagné dans la réputation. Mis à jour tous les six mois, le classement effectué par le cabinet londonien évalue 106 centres financiers autour du monde.

La domination anglo-saxonne s’effrite

Genève, qui avait effectué une dégringolade lors de la dernière publication, regagne du terrain. Elle passe de 23e à 20e. Il y a six mois, elle avait perdu 8 places, en raison de l’augmentation des réglementations et de leur impact sur la gestion de fortune. Une dégringolade qui avait permis à Francfort de passer devant la cité de Calvin pour la première fois. Zurich avait également perdu du terrain, passant du 7e au 9e rang.

Lire aussi: Genève chute au 23e rang du classement des places financières

La domination anglo-saxonne s’effrite. Londres reste la place numéro un dans le monde, suivie de New York, mais toutes deux perdent des points. Leur rating – respectivement de 795 et 794 points – est tombé à 782 et 780. Pour les auteurs, c’est ainsi que l’on peut constater que le «Brexit et les élections américaines ont eu un impact significatif». Derrière elles, toute l’Asie rattrape l’écart, qu’il s’agisse de Singapour, Hongkong ou Tokyo. San Francisco reste sixième.

Brexit et Trump

Cité dans le communiqué, Mark Yeandle, directeur associé de Z/Yen Group et auteur du rapport, souligne que «nous vivons une période d’incertitudes et les professionnels détestent l’incertitude. Le Brexit a créé de l’incertitude en Europe et l’élection de Donald Trump en a causé dans le monde entier.»

Les changements dans le top 10 interviennent après. Chicago (7e) gagne une place, Sydney (8e) trois. Boston (9e) en perd deux tandis que Toronto s’est hissée au dixième rang, gagnant trois places. Comme Zurich, Washington est sortie des dix premiers. Parmi les montées les plus spectaculaires, Pékin (16e) a fait un bond de 10 places. A l’inverse, Séoul (24e) chute de 10 rangs.

«Mouchoir de poche»

En prenant uniquement l’Europe, Londres reste première, suivie de Zurich, Luxembourg (18e dans le monde) et Genève. Pour Christian Bretscher, directeur de l’Association des banques zurichoises, les deux places, Genève et Zurich, s’améliorent si on observe leur note, avant même de regarder leur rang. Mais «les autres places financières s’améliorent davantage, notamment en Asie et en Amérique du Nord».

Jan Langlo, directeur de l’Association de banques privées suisses, relativise aussi: «Il y a peu de différences entre les places financières des rangs 6 à 25. Cela se joue dans un mouchoir de poche, il vaut donc mieux ne pas trop s’attarder sur le rang qu’elles occupent.» Il préfère souligner que, non seulement, les notes augmentent, mais les deux places suisses restent des «global leaders» qui peuvent toujours mettre en avant la stabilité et la sécurité.

Mobilisation au Canada

Pour Christian Bretscher, comme pour Jan Langlo, cela souligne à quel point il faut faire attention avec l’accroissement des réglementations et à quel point il est nécessaire d’agir si on ne veut pas que Zurich et Genève perdent encore du terrain. Pourtant, regrette le Zurichois, les Suisses, qui ont refusé la votation sur la réforme de l’imposition des entreprises (RIE3), ne sont pas suffisamment conscients de l’importance de soutenir la place financière et de se mobiliser pour elle. C’est ce qui permet au Canada de gagner des places: une plus forte mobilisation de tous les acteurs, autorités, régulateurs etc.

De même, Jan Langlo ajoute: «Les autres places s’améliorent, c’est un signe qu’il faut alléger la pression réglementaire, qui coûte, in fine, surtout au client sans apporter davantage de sécurité», conclut-il.

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