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Les fondateurs de Groupe E ont été parmi les pionniers des grands ouvrages hydroélectriques comme ici le barrage de Rossens à Fribourg. Une expertise convoitée par les investisseurs africains.
© Wikimedia commons

Énergie

La Suisse exporte son savoir-faire hydroélectrique en Afrique

L’énergéticien Groupe E s’associe à la société marocaine Platinum Power. La coentreprise Sarine Engineering aura pour mission de développer les énergies renouvelables sur le continent africain

«A voir la beauté de l’endroit, on oublie parfois que le lac est artificiel.» C’est à Pont-la-Ville – au pied du lac de la Gruyère (FR) – que Dominique Gachoud, directeur de Groupe E, a choisi jeudi de présenter sa nouvelle coentreprise. Un lieu emblématique pour l’énergéticien fribourgo-neuchâtelois puisqu’il abrite l’un de ses ouvrages les plus importants: le barrage de Rossens, qui retient les eaux de la Sarine. Un savoir-faire en matière d’ingénierie hydroélectrique que le groupe entend bien exporter en Afrique, grâce à son partenariat avec l’opérateur marocain Platinum Power.

La nouvelle structure, Sarine Engineering SA, délivrera des prestations de cabinet d’ingénieurs en Afrique. Elle sera détenue à 35% par le groupe suisse et à 65% par Platinum Power. C’est d’ailleurs cette dernière société qui deviendra le premier client de la coentreprise. Fin août déjà, des experts suisses partiront pour le Cameroun afin d’évaluer la viabilité technique et environnementale d’un projet de barrage sur le site de Deido.

4,35 milliards d’investissements

Soutenue par le fonds d’investissement américain Brookstone Partners, Platinum Power ambitionne de développer les énergies renouvelables sur tout le continent africain. Fondée en 2010, la société a lancé 24 projets hydrauliques, éoliens et solaires répartis dans trois pays – Maroc, Côte d’Ivoire et Cameroun – pour un investissement total de 4 milliards d’euros (4,35 milliards de francs) et une capacité énergétique de près de 2’000 MW. Objectif: alimenter des régions qui ne bénéficient pas encore d’un réseau stable alors que le continent africain n’exploite que 5% de son potentiel hydroélectrique.

Côté suisse, l’engagement financier se monte à 35’000 francs. «Les prestations seront rémunérées. Le risque est limité pour Groupe E, rassure Jacques Mauron, responsable de la distribution d’énergie. L’investissement se calcule en temps et en transmission du savoir-faire.» A terme, Sarine Engineering travaillera également pour des sociétés tierces et devrait engager plusieurs centaines de personnes en Afrique, estime-t-il.

La Suisse ne construit plus de barrages

Pour Groupe E, ce projet permet également de valoriser et de maintenir son savoir-faire en ingénierie alors qu’il «est devenu difficile de lancer de grands projets en Suisse, souligne Kamal Abdelhafid qui codirigera Sarine Engineering. Et après la construction, il va falloir gérer l’exploitation des ouvrages. Et ça c’est aussi le métier de Groupe E».

Le développement de ce type de services s’inscrit dans la stratégie de diversification de Groupe E. Plombée par l’effondrement du prix de l’électricité, l’entreprise avait subi en 2014 une perte de 139 millions de francs, avant de redresser la barre et de clore l’exercice 2015 sur un bénéfice de 37 millions de francs. Parmi les nouveaux relais de croissance: le développement de services aux particuliers et aux entreprises (conseils en efficacité énergétique, installations électriques ou – justement – prestations d’ingénierie). Un secteur qui représente environ un quart des 616 millions de francs de revenus annuels du groupe.

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