Le crowdfunding et la microfinance ont beau gagner en importance, ils ne semblent pas avoir réglé les problèmes de financement des petits entreprises. Selon le dernier rapport de Global Entrepreneurship Monitor (GEM), 95% des entrepreneurs utilisent des fonds personnels pour démarrer. «C’est un indicateur de la montée de l'auto-finance dans le climat économique actuel», analyse Mike Herrington, co-auteur de l’étude publiée vendredi.

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La Suisse est dans la moyenne, avec un pourcentage de 96% de PME financées par leur fondateur. Ceux-ci apportent généralement 65% des fonds nécessaires. Dans 30% des cas, ils font appel à leur famille. Et 13% d’entre eux s’appuient sur des amis. Quelque 28% de ceux qui se lancent contractent toutefois sur un prêt bancaire. Ils ne sont que 7% à utiliser un financement participatif – contre 18% en Grèce ou 14% aux Etats-Unis.

La Suisse est aussi un terreau de création plus élitiste. Il faut 54 350 dollars (environ 53 000 francs) pour y lancer son entreprise. En Europe, seul le tissu économique italien requiert davantage (55 511 dollars).

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A titre de comparaison, 17 500 dollars suffisent à un Américain qui voudrait se lancer. Un Allemand aura besoin de 22 205 dollars, un Chinois de 16 263 dollars, un Brésilien de 624 dollars et un Philippin de 221 dollars. Mais le continent asiatique compte aussi le pays le plus cher en matière d'entrepreneuriat. En Corée du Sud, il faut 88 500 dollars pour monter un projet.

Les hommes veulent cinq fois plus

La Suisse compte une autre particularité. Les hommes y déclarent avoir besoin de plus de 100 000 dollars pour débuter, tandis que les femmes basées en Suisse situent ce montant à 20 000 dollars environ. Ce rapport homme-femme dépasse donc 5, alors qu'en moyenne, dans les pays développés, le multiple plafonne à 2,4.

Selon le GEM, ces différences s’expliquent par le fait que «même dans les économies développées, les femmes s’orientent vers d’autres types de débouchés que les hommes. Elles se focalisent plus sur des modèles de ventes aux consommateurs (B-to-C) qu’à des entreprises (B2B)».