Singapour a l'économie la plus compétitive de la planète, devant les Etats-Unis et Hongkong, selon le World Economic Forum (WEF). La Suisse, classée en huitième position en 1998, gagne deux rangs dans le classement publié mardi par l'institution qui organise notamment le Forum de Davos. Malgré les craintes de l'an dernier, les économies de Singapour et de Hongkong n'ont pas trop souffert de la crise financière qu'a traversée l'Asie du Sud-Est, parce que les conditions économiques portant sur le long terme ne se sont pas modifiées dramatiquement. Ce résultat souligne également la méthodologie retenue par le WEF, qui privilégie la croissance à un horizon de cinq ans pour tenter de donner une perspective moins liée aux variations conjoncturelles.

A l'occasion de la sortie du «Global Competitiveness Report», le WEF organisait une vidéoconférence avec les principaux auteurs de la publication. A New York, les professeurs Jeffrey Sachs et Michael Porter ont exposé les tendances du rapport aux journalistes les suivant de Genève ou de Londres. Pour Jeffrey Sachs, le rapport du WEF permet de dégager quatre groupes de pays aux caractéristiques plus ou moins identiques. Si les treize premiers pays du classement sont les plus compétitifs, ceux qui se placent entre le 14e et le 29e rangs ont une compétitivité qui peut s'avérer intéressante dans le futur à condition d'améliorer un ou deux facteurs. Pour les deux autres groupes, la progression en termes de compétitivité est moins évidente, voire même sérieusement menacée à long terme. Par ailleurs, les mauvais élèves comme la Russie (qui ferme la marche du classement), le Zimbabwe, la Colombie et l'Ukraine ont en commun de graves défaillances de l'Etat de droit, des droits de propriété mal garantis et une mauvaise infrastructure.

De son côté, Michael Porter a mis l'accent sur les technologies de l'information ainsi que sur la micro-économie comme nouvelles sources de compétitivité. Pour le premier indice, le professeur constate une progression du recours à Internet non seulement pour des échanges d'information mais aussi pour les échanges commerciaux (e-commerce). Les entreprises des ex-pays socialistes sont en retard quant à l'usage des e-mails, mais les particuliers y bénéficient d'un fort taux de recours à l'ordinateur et à Internet par rapport à leur niveau de revenus. Quant à l'aspect micro-

économique, Michael Porter estime qu'il influence beaucoup la compétitivité économique d'un pays dans la mesure où cet aspect a un effet plus direct sur les individus et peut conditionner, par la suite, l'avancée économique d'un pays en général.

Rappelons que l'indice qui sert au classement du WEF tient compte de huit facteurs: ouverture de l'économie, gouvernement, système financier, infrastructures, technologie, management, main d'œuvre et institutions. La Suisse arrive au 11e rang pour l'ouverture, au 18e pour le gouvernement, au 6e pour le système financier, au 16e pour les infrastructures, au 11e pour la technologie, au 4e pour le management, au 4e pour la main d'œuvre et au 12e pour les institutions.