Moins de 48 heures après l’annonce par Apple de son iPhone 4, Google réagit. Mercredi, la firme américaine a présenté à Zurich une innovation pour téléphones qui pourrait lui permettre d’attaquer tant les fabricants de GPS «classiques» qu’Apple. Google permet ainsi depuis hier, en Suisse, d’utiliser son téléphone pour naviguer, exactement comme un GPS. Cette innovation est pour l’heure uniquement disponible sur les mobiles tournant avec Android, le système de Google.

Il était jusqu’à présent déjà possible de s’orienter grâce au GPS de son téléphone, et d’afficher un itinéraire. Mais pas encore d’effectuer une vraie navigation en 3D avec une voix guidant l’automobiliste. Auparavant disponible uniquement aux Etats-Unis, cette navigation est désormais disponible en Suisse et d’autres pays européens. Google a rajouté sa patte, en combinant son service Street View (vision en images des rues) avec son logiciel. Ainsi, à l’approche de chaque intersection s’affiche une photo du carrefour pour aider l’automobiliste à s’orienter.

Réalisé à Zurich

«Ce système a été développé en partie à Zurich, notamment pour le contrôle qualité et des spécialités telles les règles de circulation dans les giratoires», a expliqué Raphael Leiteritz, responsable de Google Maps pour l’Europe. Le service est gratuit, mais uniquement utilisable sur des téléphones (conçus notamment par HTC, Samsung ou Sony Ericsson) équipés du système Android de Google.

Avec cette innovation, la firme américaine vis deux types de concurrents très différents. D’abord les fabricants «classiques» de GPS, tel TomTom ou Garmin. Le service de navigation automobile de Google leur fait une concurrence directe car il est gratuit et incluera bientôt les données de trafic en temps réel – et ce peut être aussi gratuitement. Nokia, qui a lancé le même service de navigation gratuit en 2009, avait d’ailleurs entraîné une chute du cours de l’action TomTom, par exemple.

Un avantage sur l’iPhone

Google vise bien sûr aussi Apple. Car à discuter avec les responsables de la firme hier à Zurich, il n’est pas certain que le système de navigation soit rapidement disponible pour l’iPhone. Google pourrait ainsi conserver un atout précieux pour ses propres téléphones.

Reste que Google ne maîtrise pas tout. Ses responsables concèdent qu’utiliser le service de navigation à l’étranger engendre des coûts de connexion (via le réseau de téléphonie mobile) qui peuvent être importants. Et même en Suisse, l’affichage de cartes et photos en temps réel occasionne bien sûr un transfert de données. Google parle de 200 à 300 ko pour un trajet de 20 kilomètres. Mais il pourrait s’agir en réalité de volumes de données plus importants.