Finance durable

La Suisse, leader mondial de la finance durable d’ici à 2015?

SFG propose six pistes d’action complémentaires pour faire de la Suisse la référence en matière de finance durable

Pourquoi les acteurs suisses devraient-ils davantage se pencher sur la question de la finance durable, alors qu’ils jonglent déjà péniblement entre pressions européennes et Lex USA? Parce que, au-delà de l’actualité, favoriser les modèles d’affaires pérennes comme la finance durable est dans l’ADN de la Suisse et soutiendra la croissance du marché. La Suisse est l’un des rares pays à avoir inclus la durabilité dans sa Constitution (article 73), encourageant ainsi tous les acteurs à contribuer au développement durable. Elle fait partie des plus grandes places financières au monde et occupe une position dominante dans le secteur de la banque privée. Notre pays a fait preuve de leadership, étant par exemple l’un des berceaux de la microfinance qui occupe aujourd’hui 30% de parts de marché mondial. Le secteur de la finance durable est fortement développé et réunit des «boutiques» spécialisées innovantes et des grandes banques.

La Suisse est également idéalement située; elle dispose d’un réseau fiable et respecté d’organisations internationales avec, par exemple, l’Initiative Finance du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP FI) qui siège à… Genève.

La Suisse présente une combinaison unique de forces pour garantir la création, sur le long terme, d’un avantage concurrentiel permettant d’attirer les professionnels, les idées et les institutions. Cependant, d’autres places financières concurrentes mettent en place des mesures du même ordre comme le Luxembourg et Londres, ainsi que l’Union européenne.

C’est dans cette optique que Sustainable Finance Geneva (SFG), The Sustainable Forum Zurich (TSF) et PWC ont joint leurs forces pour réaliser une étude sur la compétitivité de la Suisse en matière de finance durable sur la base de 30 interviews de personnalités politiques et économiques suisses.

Dans une démarche pragmatique, SFG a souhaité aller plus loin que l’étude en proposant six pistes d’action complémentaires pour faire de la Suisse une référence en matière de finance durable.

Ainsi, la première proposition vise la création d’une structure de fonds de placement durables, spécifiquement conçue pour les stratégies d’investissement responsables selon des critères sociaux et/ou environnementaux. Cette nouvelle structure juridique permettrait de créer en Suisse des fonds ISR régulés, selon des critères simples et transparents et pourrait attirer une part conséquente du marché ISR.

La seconde proposition s’oriente vers des incitations fiscales favorisant la finance durable. Cela encouragerait la mobilisation de capital privé et institutionnel au profit des entreprises les plus durables. Ces incitations fiscales pourraient engendrer une stimulation de l’offre (frais d’enregistrement ou taxes réduites pour les gérants et produits ISR) et/ou une stimulation de la demande (fiscalité allégée pour les profits réalisés sur des produits ISR).

La troisième proposition concerne la mise en place d’une plateforme de courtage spécifique afin que les investisseurs institutionnels (suisses ou étrangers) aient la possibilité de diffuser de manière transparente et efficace leurs appels d’offres pour des mandats ISR. Cette plateforme permettrait de développer des opportunités commerciales en Suisse et renforcerait la reconnaissance internationale de l’expertise helvétique.

La création d’une bourse spécifique pour les «entreprises sociales» constitue la quatrième proposition. La Suisse dispose des meilleurs atouts pour créer une bourse de cotation des entreprises sociales à l’instar des initiatives qui ont déjà vu le jour aux Etats-Unis, à Singapour ou en Afrique du Sud. Un «Swiss Social Stock Exchange» (3SX) permettrait aux entreprises sociales internationales qui le désirent d’obtenir une cotation dans notre pays.

La cinquième proposition vise à rejoindre l’initiative «The Sustainable Stock Exchanges (SSE)», lancée par l’ONU en 2009, qui promeut le reporting ESG des entreprises de manière standardisée et transparente.

Enfin l’élaboration d’une formation, appelée Swiss Sustainable Investment Certification (SSIC), permettrait aux professionnels d’acquérir les compétences dans ce domaine. Elle renforcerait le savoir-faire et doterait les professionnels d’avantages compétitifs sur le marché du travail local et international.

* Directrice de Sustainable Finance Geneva

La première proposition visela création d’une structure de fondsde placement durables

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