Babyphones, voitures, vélos, frigidaires ou encore ascenseurs… Tous les appareils sont en passe d’être connectés à Internet. Phénomène mondial, l’Internet des objets touche aussi la Suisse. Et tant des start-up helvétiques que des sociétés bien établies veulent se positionner sur ce marché en pleine expansion. Mercredi était organisé sur le site de l’EPFL, en partenariat avec Swisscom, un événement sur l’Internet des objets. L’occasion de percevoir comment la Suisse se place sur ce marché.

15 milliards d’objets en réseau

Aujourd’hui, «plus de 15 milliards d’objets sont connectés dans le monde» a signalé Gregory Leproux, responsable du bureau de Swisscom à San Francisco. «Certes, cela fait plus de dix ans que l’on parle du frigidaire connecté. Mais aujourd’hui, lorsque vous voyez Samsung, Mastercard et trois sites de vente d’aliments en ligne s’associer, vous constatez que l’Internet des objets entre dans une phase très concrète. Et cela peut fonctionner».

Professeur au Laboratoire des systèmes de centres de calcul à l’EPFL, Edouard Bugnion note que Echo, le haut-parleur connecté d’Amazon qui permet de commander une pizza ou un taxi «est un succès phénoménal. Plus de trois millions d’exemplaires ont été vendus. Mais cela ne garantit de loin pas que la connexion de n’importe quel objet à Internet soit gage de succès. Il faut que l’utilisateur perçoive immédiatement une plus-value.»

Vaud bien positionné

La Suisse, notamment romande, semble bien positionnée. «En septembre, cinq des dix meilleures start-up suisses du concours «Top 100» étaient vaudoises, et ces jeunes sociétés ont tout de suite une ambition planétaire» a signalé Patrick Barbey, directeur d’Innovaud. Basée à Renens, Gaitup développe ainsi des accessoires pour mesurer son activité sportive. A Yverdon, JDC Electronic crée des capteurs pour la météo et le sport. Aussi à Yverdon, Novaccess conçoit des systèmes d’éclairage reliés à Internet, pour les villes.

Pour Lionel Eperon, chef du service de la promotion économique vaudoise, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer. «Prenez la ville de Lausanne: elle va remplacer ses 14 000 ampoules publiques avec des LED intelligentes, pilotées à distance et moins gourmandes en énergie. Et travailler avec des start-up qui proposent de tels services est très important.»

Voir notre grand format, Les lumières de la ville.

Matelas connectés

Même des sociétés traditionnelles se mettent à l’Internet des objets. Ainsi, le fabricant de matelas Elite, basé à Aubonne sur la Côte vaudoise, insère une puce dans certains de ses produits: elle permet de signaler aux propriétaires des matelas, surtout des hôtels, lorsqu’il faut les retourner, voire les changer. Dans la même veine, le fabricant suisse d’ascenseurs et d’escaliers roulants Schindler signait mi-septembre un accord avec la société technologique chinoise Huawei pour connecter ses installations à Internet, de manière à détecter des pannes à distance.

Swisscom, incontournable

Un acteur est omniprésent sur ces marchés en devenir: Swisscom. L’opérateur achève actuellement l’édification, sur l’ensemble du territoire, d’un réseau destiné uniquement à l’Internet des objets. Swisscom a ainsi signé un accord avec le fabricant suisse de vélos électrique haut de gamme Stromer pour les retrouver en tout temps via une puce spéciale.

Mais toutes les opérations de l’opérateur dans le monde des objets connectés ne sont pas couronnées de succès: faute d’un nombre de clients suffisants, Swisscom vient d’annoncer la fin de la vente de ses appareils SmartLife, destinés à sécuriser la maison.

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