Le stress s’accroît dans les systèmes de retraite, selon le rapport Mercer CFA Institute Global Pension, publié mardi. Le covid «augmente la pression financière à laquelle les retraités sont confrontés aujourd’hui et à l’avenir», d’après les auteurs d’un rapport qui compare 39 pays représentant les deux tiers de la population mondiale.

Les Pays-Bas et le Danemark occupent les deux premiers rangs du classement, devant Israël. La Suisse a reculé d’un rang et occupe la 12e place en raison de l’inclusion d’Israël.

Dans le détail des trois principaux critères, la Suisse est 23e à l’aune de ce que l’assuré obtient à la retraite (performance), 8e selon la viabilité de son système, 9e en termes d’intégrité (confiance dans le système). Mercer et le CFA Institute présentent des recommandations à la Suisse. Il s’agirait d’augmenter l’âge de la retraite, d’exiger qu’une partie de la retraite soit sous forme de rente, de réduire l’endettement des ménages, d’augmenter le taux de propriété du logement, de réduire les possibilités de prélever dans le fonds de retraite avant l’âge de la retraite.

Travailler plus longtemps?

Les conséquences de la pandémie en Suisse et dans le monde s’ajoutent «à l’augmentation de l’espérance de vie et à la pression croissante sur les ressources publiques pour soutenir la santé et le bien-être de la population vieillissante».

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La récession conduit à une baisse des cotisations de retraite, du rendement des investissements et une hausse de la dette publique. Cela «signifie que certaines personnes devront travailler plus longtemps tandis que d’autres devront accepter un niveau de vie plus bas à la retraite», a déclaré le Dr David Knox, associé chez Mercer et auteur principal de l’étude. Il écrit qu’«il sera plus difficile de pouvoir garantir un niveau de pension satisfaisant tout en maintenant un équilibre financier durable à long terme».

Réactions fortes au Chili et en Australie

Des mesures drastiques sont prises: certains gouvernements ont autorisé l’accès temporaire à des pensions épargnées ou ont réduit le niveau des taux de cotisation obligatoires afin d’améliorer la position de liquidité des ménages. «Ces développements auront probablement un impact matériel sur la performance, la viabilité et l’intégrité des systèmes de pension, influençant ainsi l’évolution de l’indice global des pensions dans les années à venir», analyse Deep Kapur, directeur du Monash Centre for Financial Studies (MCFS).

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Par exemple, l’Australie permet aux personnes dont les revenus ont chuté de plus de 20% d’accéder à un montant allant jusqu’à 20 000 dollars australiens (environ 11 830 francs) issu de leurs actifs de retraite. Les cotisants chiliens peuvent, eux, retirer 10% de leurs fonds de pension individuels jusqu’à 5100 francs.

L’indice, publié pour la 12e fois, fournit des informations comparables sur 39 pays et cherche à différencier ce qui est possible et pratique dans chaque marché.