Innovation

En Suisse, on adapte aussi des modèles éprouvés

La question de la propriété intellectuelle se pose lors de la création de chaque start-up

En Suisse, on adapte des modèles éprouvés

Pascal Meyer, fondateur du site de vente en ligne QoQa, s’est inspiré de la plateforme américaine Woot. «Je leur avais écrit pour leur dire de s’installer en Suisse. Ils m’ont répondu que l’Europe n’était pas un pays (sic) qui les intéressait.» Il décide alors de fonder son propre site en intégrant une jauge permettant d’évaluer l’état des stocks et en lui donnant une personnalité propre basée sur l’humour. Pour lui, c’est ce qui a fait la différence. Le site prend son envol. En cinq ans, il multiplie son chiffre d’affaires par dix, à 4 millions de francs par an. A l’aube de son dixième anniversaire, il vend pour 40 millions de francs de marchandise par an.

Ce succès ne passe pas inaperçu. Des clones voient le jour en Suisse romande et en Espagne. «Une société s’est tellement inspirée de QoQa qu’elle a repris notre design et même copié nos vidéos promotionnelles. Je l’ai pris assez mal, mais après quelques mois je me suis dit qu’on devait être dans le juste pour qu’on nous imite.» Pour Pascal Meyer, les copieurs en série sont généralement des entrepreneurs fortunés. «Ils espèrent imiter un modèle et se retirer très rapidement pour le vendre à bon prix. Mais je ne vois pas l’utilité de se lancer dans des poursuites juridiques. Internet appartient à tout le monde de toute façon.»

Combler un manque

D’autres start-up viennent compléter un manque dans un modèle établi. C’est le cas de l’agence Web Artionet qui a lancé il y a 3 ans le site Maresa, permettant de louer des salles en ligne. «Le planificateur d’agenda Doodle n’est pas fait pour cela, explique Yannick Guerdat, son directeur. On s’est rendu compte que les réservations de salle représentaient une grosse part des interactions entre les communes et les habitants et que beaucoup avaient toujours recours à une feuille de papier pour gérer cela.» La société compte aujourd’hui 400 clients payants, principalement des communes et des institutions.

Parfois, les accusations de plagiat surviennent quand on ne les attend pas. La start-up nyonnaise Teambook a lancé une application web de gestion de ressources pour les entreprises en 2013. Après un démarrage difficile, la start-up finit par trouver sa clientèle. Mais elle s’attire vite les foudres d’une grande compagnie états-unienne qui y voit une copie de son nom. «Ironiquement, c’est en voulant protéger notre nom en Suisse suite à la création d’une entreprise suédoise homonyme que nous nous sommes mis dans le pétrin. En tant que start-up, nous ne pouvons pas nous permettre ce genre de conflits juridiques.»

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