Hans-Rudolf Merz se dit «frappé» par le constat. Alors que, il y a trois ans, «il y avait une unité de vue sur l’origine et l’ampleur de la crise», aujourd’hui, les avis divergent sur les moyens de finir de la résoudre. De fait, menant la délégation suisse à Washington, le conseiller fédéral participe de ces divergences: à l’inverse d’autres pays, la Suisse ne veut pas entendre parler d’une taxe bancaire. Même si la surveillance doit être accrue, a noté le ministre des Finances, il s’agit de «ne pas étouffer» le système financier afin qu’il puisse continuer de fournir de l’oxygène à l’ensemble de l’économie.

Parmi les idées qui circulaient ce week-end à Washington, l’une des plus controversées est celle d’une taxe sur les banques visant à alimenter un fonds dans lequel on pourrait puiser s’il fallait à nouveau renflouer les institutions trop grandes pour faire faillite. Or comme le Canada qui s’en est fait le farouche adversaire, la Suisse ne veut pas de cette idée.

Face à la chute possible d’UBS, Berne a trouvé moyen de mettre sur la table 6 milliards de francs, note en substance Hans-Rudolf Merz. Une mesure qui permit de stabiliser la banque et qui, au passage, a produit 1,5 milliard de bénéfice pour la Confédération. «Notre situation, à présent, est donc différente de celle d’autres Etats qui continuent d’être présents dans le capital des banques qu’ils ont soutenues», a poursuivi le conseiller fédéral en insistant sur le fait qu’il n’y a pas «de réponse unique». Le ministre suisse a assuré qu’il serait «surpris» du fait que le G20 puisse s’accorder sur la notion d’un tel impôt.