Il faut «réduire le plus possible l'impôt sur les bénéfices». L'impôt sur le capital? C'est un «non-sens» qui n'a donc pas à exister puisqu'il s'attaque à la substance même des entreprises.

Hier soir à Saint-Gall, le très écouté Konrad Hummler, associé de la banque Wegelin, administrateur de la Neue Zürcher Zeitung et membre du conseil de banque de la Banque nationale suisse, a proposé la quasi-suppression de l'imposition des sociétés. Dans un entretien au Temps, précisant les propos qu'il devait tenir lors d'un forum sur la fiscalité des entreprises organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Gall et d'Appenzell, qu'il préside, le banquier a expliqué cependant que l'harmonisation fiscale empêche sa suppression complète.

En Suisse, les impôts provenant des entreprises représentent 13% des recettes fiscales et 9,5% du total des recettes des trois niveaux (Confédération, cantons et communes). En 2003, le montant a atteint 12,3milliards de francs. Mais dans les cantons, leur part aux recettes totales est faible. Ce qui rend leur suppression moins difficile à cet échelon politique. Quatre directeurs cantonaux des finances étaient justement présents à Saint-Gall, à savoir ceux d'Appenzell Rhodes-Extérieures et R.-I., de Thurgovie et de Saint-Gall. La marge de manœuvre diffère naturellement d'un canton à l'autre. Elle est plus grande pour Appenzell R.-E. que pour Saint-Gall. Dans ce dernier, la situation est plus compliquée parce que l'imposition des entreprises contribue davantage au budget.

Köbi Frei, conseiller d'Etat d'Appenzell R.-E., se prononce dans la même direction que Konrad Hummler. Il propose une forte diminution de la fiscalité des entreprises. Les citoyens de ce canton avaient approuvé un paquet fiscal proposant la dégressivité de l'impôt par une majorité de 60% de voix. Mais le Tribunal fédéral avait invalidé la loi, en raison de son défaut d'unité de matière. La nouvelle proposition de Köbi Frei envisage cette fois une forte réduction de l'impôt sur les bénéfices.

Pour Konrad Hummler, l'idée ne consiste cependant pas à faire de la concurrence aux autres cantons: «De toute manière, les entreprises changent rarement de canton pour des raisons fiscales.» Par contre, une telle proposition est à même d'inciter des entreprises étrangères à s'établir dans notre pays, assure-t-il. Une forte diminution de l'impôt sur les bénéfices permettrait de créer des emplois en Suisse sans diminuer les recettes fiscales, puisque les managers de ces nouvelles sociétés paieront l'impôt sur le revenu et les dividendes.