Le rapport sur la compétitivité duForum économique mondial (WEF). s’appuie sur un croisement entre les données économiques qui sont disponibles dans les pays et un sondage réalisé entre janvier et mai 2009 auprès de 13’000 hommes d’affaires dans 133 pays. Ceux-ci se sont exprimés sur douze sujets incluant le niveau d’éducation, les politiques d’innovation, la stabilité politique ou encore l’efficacité du système financier. La Suisse accumule les bons résultats, arrivant en première position pour le respect du droit de propriété, la qualité de ses infrastructures, de ses écoles de commerce, de sa recherche, et l’accessibilité des équipements consacrés à la recherche et la formation. C’est aussi en Suisse que les entreprises investissent le plus en recherche et développement selon l’étude du Forum. L’image qui ressort dans les conclusions du rapport est celle d’un pays très porté sur l’innovation (2e rang mondial), avec un système financier sophistiqué (jugé le 3e meilleur du monde), et où la santé et l’éducation sont d’excellente qualité. Les points forts suisses sont le dépôt de brevet (7e rang du monde), la transparence de ses institutions, et un marché du travail ultra-performant (seul Singapour fait mieux). Les domaines où la Suisse est plus mal classée concernent le coût des politiques de soutien à l’agriculture, la dette publique et le taux de sida. Le rapport pointe aussi le taux trop faible d’étudiants à l’université (46e rang mondial), suggérant au pays de prendre des mesures pour améliorer cet indicateur important pour la bonne santé économique, notant que c’est l’immigration qui doit parfois suppléer au manque d’effectifs dans certains domaines. Enfin à propos des marchés financiers le WEF note un léger affaiblissement dû aux difficultés du secteur bancaire, tout en relevant qu’il est léger en comparaison de ce qu’ont vécu d’autres pays.

Les Etats-Unis rétrogradés en deuxième position

C’est la crise qui a fait perdre aux Etats-Unis son titre de champion mondial de la compétitivité en raison du niveau élevé de son endettement public, selon le rapport. «Les Etats-Unis ont construit d’importants déséquilibres macroéconomiques ces dernières années. Les déficits budgétaires cumulés ont conduit à des niveaux croissants d’endettement public». Or la crise et les politiques de relance budgétaire ont «exacerbé» ces niveaux d’endettement. Washington se retrouve ainsi 93e (contre 66e précédemment) pour le critère de stabilité macroéconomique.

Par ailleurs, le WEF constate que les Etats-Unis ont perdu des places en raison d’une perte de confiance des hommes d’affaires vis-à-vis de la sophistication des marchés financiers américains. Les normes comptables n’inspirent plus autant confiance, «en raison des affaires qui ont récemment secoué le secteur financier».

Mais les Etats-Unis présentent toujours de nombreuses caractéristiques structurelles qui rendent son économie extrêmement productive et de taille à surmonter les changements cycliques et les chocs, selon le rapport. Le texte recommande donc aux Etats-Unis de renforcer son environnement institutionnel et de prendre en compte les préoccupations des hommes d’affaires, inquiets de voir le gouvernement prendre trop de place dans l’économie. On pense bien sûr au rôle que l’administration Obama a joué dans la crise, critiquée par certains pour se substituer au marché, et endettant encore plus le pays.

L’Union européenne bien classée

Après Singapour en troisième position, arrivent la Suède, et le Danemark. La Finlande, l’Allemagne et les Pays-Bas restent parmi les 10 pays les plus compétitifs, alors que le Royaume-Uni poursuit son recul entamé l’année dernière. Bien que toujours très compétitif, note le Forum, il perd encore une place et s’inscrit en 13e position, principalement en raison de la poursuite de l’affaiblissement de ses marchés financiers. La France se maintient en 16e position, souffrant du manque de flexibilité de son marché du travail et de sa dette publique. L’Espagne est classée 33e et l’Italie 48e, le pays du G7 le plus mal classé.

La Chine arrive en 29e position, profitant de sa politique d’innovation et d’une situation fiscale «enviable». L’Inde est 49e, et le Brésil continue d’améliorer son classement tous les ans gagnant 8 places en étant classé au 56e rang.