Industrie du Tabac

En Suisse, Philip Morris International fabrique 24 milliards de cigarettes

Le groupe américain est basé à New York mais emploie quelque 3000 personnes dans le pays. La moitié d’entre eux travaille pour la direction et l’administration, à Lausanne. L’autre moitié est regroupée à Neuchâtel

A Serrières, 24 milliards d’unités par an

Philip Morris International (PMI) est le leader mondial du tabac avec, en 2012, 16,3% de parts de marché. Hors Chine et Etats-Unis, cette part s’élevait à 28,8%. Présent à travers 56 sites dans le monde, dans lesquels travaillent 78 000 collaborateurs, le groupe produit et commercialise, entre autres marques, Marlboro, Chesterfield, Muratti ou encore Philip Morris. Ses cigarettes sont fumées dans 180 pays.

Le siège de PMI est à New York mais le centre des opérations mondiales se trouve à Lausanne depuis 2007. Quelque 275 millions de francs ont été investis dans le bâtiment sis à Ouchy, dans lequel s’affairent 1500 employés. A seulement 2 kilomètres de là se trouve le siège suisse de Philip Morris. Ailleurs en Suisse, le groupe est présent à Spreitenbach, dans le canton d’Argovie (bureau de vente pour la Suisse) et à Neuchâtel.

A Neuchâtel depuis 1963

C’est à Serrières, précisément, que PMI a racheté les Fabriques de tabac réunies en 1963, six ans après avoir scellé un accord pour la production des premières Marlboro hors des Etats-Unis. Au total, le site emploie aujour­d’hui 1500 personnes, dont plus de 400 pour la recherche et le développement et 600 pour la production. Quelque 24 milliards de cigarettes (en 2012) ­sortent de son usine neuchâteloise, et une vingtaine de milliards d’entre elles sont exportées vers une quarantaine de pays. Le solde est vendu en Suisse.

Toutes marques confondues, la consommation helvétique de cigarettes traditionnelles ne cesse cependant de diminuer. Selon les chiffres de l’Administration fédérale des douanes (AFD), 11,5 milliards d’unités ont été grillées en 2012 dans le pays. C’est autant que l’année précédente, mais c’est 20% de moins qu’en 2002, et 32% de moins qu’il y a vingt ans, en 1992, lorsque les ventes approchaient les 17 milliards de cigarettes.

La Chine compense le déclin dans les pays développés

C’est à l’image des ventes dans les autres pays développés. Selon la Commission européenne, le pourcentage de fumeurs dans l’Union à 15 pays, en 2002, s’élevait à 40%. Il se limitait à 28% dans les 27 Etats membres en 2012.

En revanche, les pays en développement compensent ce déclin. En 2012, 26% des ventes mondiales étaient réalisées en Chine, contre 12% aux Etats-Unis, selon Euromonitor – d’autres études évoquent une part chinoise allant jusqu’à 40%. Philip Morris, lui, prévoit, cette année, un recul des ventes du secteur de 6 à 7% en Europe, mais une progression de 1 à 2% dans les grands marchés émergents. A l’exception de la Russie, où l’introduction de taxes spécifiques devrait conduire à un déclin de 9 à 11%.

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