Quelque 500 personnes ont participé vendredi au Swiss Green Economy Symposium, le rendez-vous phare de l'économie durable en Suisse. Techniques du bâtiment, recyclage, véhicules électriques ou tournant énergétique : pratiquement tous les thèmes liés à l'environnement ont été abordés à Winterthour.

Comment favoriser l'innovation dans les technologies durables au sein même des entreprises ? Un responsable de BMW i, l'unité spécialisée dans la mobilité électrique du constructeur automobile, a relaté l'expérience effectuée par le groupe allemand lorsqu'il a été question de créer une gamme de véhicules électriques. L'entreprise a dans un premier temps accordé une très grande liberté d'action à une équipe chargée de mettre sur pied un projet dans ce domaine. «Nous n'avons pas voulu créer seulement des véhicules mais aussi une nouvelle marque», a expliqué Alexander Kotouc, directeur du management des produits de BMW i, vendredi à Winterthour. L'unité mise sur un concept de mobilité globale qui intègre aussi des aspects comme le partage de véhicules. 

Intégrer les processus en amont

Pour l'expert de BMW i, les aspects environnementaux ne se limitent pas au seul produit final mais ils doivent intégrer aussi tous les processus se situant en amont. Ceux-ci doivent être redéfinis à la fois au niveau des matériaux (utiliser par exemple des plastiques recyclés), du processus de production (les usines fonctionnent avec de l'énergie éolienne) ainsi que du service après-vente (réduction des coûts d'entretien). 
Les principes de développement durable doivent être intégrés au coeur même du modèle d'affaires des entreprises plutôt que de figurer sur les papiers glacés des rapports annuels, a souligné de son côté Thomas Vellacott, le directeur du WWF Suisse. Il a cité en exemple Toyota, qui a réduit massivement les émissions de CO2; Ikea, qui utilise 100% de coton durable; ou encore la banque australienne ANZ qui a renoncé à financer les entreprises actives dans l'extraction de charbon. 

La Suisse «exporte» beaucoup de ses émissions

Quelle note attribuer à la Suisse en matière environnementale ? Sibyl Anwander, directrice du département économie et innovation à l'Office fédéral de l'environnement, a estimé que notre pays n'est pas toujours aussi efficient qu'on le suppose sur ce plan. Elle a rappelé que 73% des émissions de CO2 helvétiques sont effectuées à l'étranger. De même, les chauffages des bâtiments en Suisse dépendent encore aux deux tiers des énergies fossiles, a rappelé Thomas Vellacott. Pour autant, ce dernier estime qu'il ne faut pas miser uniquement sur de nouvelles contraintes: il s'agit de trouver le bon équilibre entre mesures volontaires et réglementaires, a-t-il estimé.