Innovation

La Suisse peut encore progresser dans la numérisation

Le pays est en tête de tous les classements mondiaux de l’innovation. En revanche, en termes de numérisation, les PME suisses prennent du retard par rapport à l’international

Depuis 2000, la Suisse est en tête du classement des pays les plus innovants du monde établi par l’institut allemand de recherches en sciences appliquées Fraunhofer et dont le dernier volet a été publié le 24 juillet. Si le pays domine depuis plusieurs années l’innovation mondiale, il peut encore réaliser des progrès significatifs en matière de numérisation.

Retard relatif

La Suisse a obtenu d’excellents scores dans la plupart des sous-critères constituant l’indice d’innovation du Fraunhofer: l’économie (par exemple: dépenses en recherche et développement par rapport au produit intérieur brut), l’éducation (classement PISA), la science (qualité de la recherche), la société (nombre d’ordinateurs par habitant) ou encore le rôle étatique (demande publique pour les technologies avancées). Selon l’étude, c’est le «seul pays à atteindre un niveau d’innovation haut dans tous les aspects pris en compte».

Le pays n'occupe en revanche que la dixième place en termes de numérisation. Un retard à toutefois nuancer. Pour Didier Ehret, responsable PME (petites et moyennes entreprises) au sein du cabinet d’audit PwC, les multinationales suisses sont pleinement intégrées dans «l’industrie 4.0»: utilisation des nouvelles technologies, réseaux sociaux, analyse de données…

En revanche, «les PME sont pour l’instant peu renseignées et encadrées et devront rapidement se remettre en question par rapport à ce changement de paradigme», précise-t-il.

Selon une étude menée par PwC en 2016 sur les PME suisses, le secteur des télécommunications et des médias est le plus numérisé, devant le secteur public et celui du commerce de détail et des biens de consommation. A l’inverse, la santé ou l’énergie ont du retard.

Avenir prometteur

Le futur de l’économie suisse est résolument tourné vers le numérique. Depuis le début de l’année, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) est chargé «d’analyser la pertinence en matière numérique des lois existantes», en interagissant avec différentes entreprises.

«La législation va sûrement évoluer, notamment dans l’industrie hospitalière et l’analyse des données», ajoute Didier Ehret. L’étude de PwC révèle également qu’une majorité de sociétés prévoient d’augmenter leurs investissements dans la numérisation ces prochaines années.

Le statut dominant actuel de la Suisse en termes d’innovation peut être expliqué par l’excellent système éducatif et l’investissement élevé dans la recherche scientifique de base, selon le rapport du Fraunhofer. Le nombre considérable de brevets déposés explique également la place helvétique au sein des classements mondiaux.

Publicité