Pour l'Association suisse des banquiers (ASB), la loi sur les placements collectifs de capitaux (LPCC) dont l'ordonnance d'application vient d'être publiée est, en l'état, une occasion manquée. Son président Pierre Mirabaud ne s'est pas privé de le rappeler lors d'une rencontre avec la presse romande lundi soir. «Faute de réelles incitations fiscales, notre pays, une fois de plus, ne va pas jusqu'au bout du chemin», a-t-il déclaré.

Pour mémoire, la LPCC introduit de nouvelles formes juridiques de placements collectifs en capitaux, les SICAV et les sociétés en commandite, ces dernières étant particulièrement adaptées aux secteurs en forte progression - et sous-représentés en Suisse - que sont les hegde funds et le private equity. Les autorités avaient «une bonne opportunité de regagner du terrain», dit Pierre Mirabaud, mais la gâchent en taxant à plein les revenus des gérants de fonds, bien que ces derniers en réinvestissent souvent une grande partie dans leur véhicule. «Nous ne demandons bien sûr pas l'exonération, mais un taux d'imposition proche de ceux pratiqués à New York et Londres» (ndlr: 15% et 12% respectivement), poursuit le président de l'ASB, qui conclut: «N'ayons pas peur d'un marketing de la place financière suisse qui inclue spécifiquement des mesures fiscales. Sinon, celle-ci assistera en spectateur au développement de ses concurrentes.»

Gare au cocktail

Dans un tout autre registre Olivier Steimer, qui préside la Banque Cantonale Vaudoise mais aussi le tout nouveau Swiss Finance Institute, a résumé les objectifs de ce dernier: «Notre défi est de réunir 30 professeurs de haut niveau pour quelque 80 doctorants. Le SFI vise à terme une place parmi les dix premiers mondiaux et les trois premiers européens dans les hautes écoles de la banque et de la finance, ainsi que 300 publications annuelles dans des journaux réputés.» Les ambitions sont «élevées», a admis Olivier Steimer, «mais nous nous en donnons les moyens», a-t-il poursuivi, rappelant qu'un budget annuel de fonctionnement de 18 millions de francs est assuré pour plus d'une décennie.

Quant à Pierre Darier, président de l'Association des banquiers privés, il a rappelé l'excellente santé actuelle du secteur (4700 milliards d'avoirs en dépôt, 28% du marché mondial dans le private banking) mais, «instruit par 33 ans d'expérience professionnelle», a rappelé que les meilleurs festins ont une fin: «Le cocktail actuel de bénéfices exceptionnels pour les entreprises, de basse volatilité et de taux d'intérêt faibles ne peut perdurer très longtemps», a-t-il souligné.