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La Suisse n'avait pas enregistré autant de logements vacants depuis 1998. Ici un bâtiment à Genève en 2011.
© MARTIAL TREZZINI

Immobilier

La Suisse regorge d’appartements vides

Les loyers baissent car près de 65 000 logements sont inoccupés dans le pays. Du jamais-vu depuis vingt ans

Pour les Suisses qui cherchent à déménager, le choix s’élargit. Dans le pays, le taux de vacance continue d’augmenter. Début juin, il se situait à 1,5%, contre 1,4% un an plus tôt.

Les situations sont toutefois différentes selon les régions. Les taux de vacance les plus élevés sont enregistrés à Bienne (2,1%) et à La Chaux-de-Fonds (2%). Avec 1,5%, Fribourg est dans la moyenne suisse, tandis qu’à Lausanne (0,4%) ou à Genève (0,6%), la situation reste tendue. La palme revient à Zurich et à Thoune, avec 0,2% de maisons ou d’appartements vacants.

Des logements neufs à foison

Concrètement, au niveau national, cela signifie que 65 000 logements - à la vente ou à la location - sont désormais disponibles sur le territoire. C’est 20 000 de plus qu’en 2013. La situation la plus inédite concerne le marché de la location: quelque 53 000 appartements ou maisons n’ont pas (encore) trouvé preneur. Soit 7800 de plus que l’année dernière. L’Office fédéral de la statistique (OFS), qui a publié ses chiffres lundi, note que «ce seuil n’avait plus été atteint depuis la fin des années 90».

Parmi ces 53 000 objets, une dizaine de milliers d’entre eux sont des constructions neuves, c’est-à-dire sorties de terre au cours des deux dernières années, estime UBS dans une étude publiée mardi. «Nous estimons que près d’un nouveau logement sur dix est vacant», écrit l’économiste Maciej Skoczek.

Les locataires ont repris la main

La demande ne baisse pas significativement. C’est l’offre qui augmente trop rapidement, comme l’explique Wüest Partner dans son dernier «Moniteur immobilier». Le cabinet de conseil prévoit que 7000 unités excédentaires vont encore être construites cette année. Pourquoi? Parce que les investisseurs, en manque d’alternatives de placement, ont davantage misé sur les rendements que peut offrir l’immobilier. Ils achètent donc des immeubles et en font construire des nouveaux.

Lire aussi: Wüest Partner met à disposition ses indices immobiliers

Conséquence directe de cette abondance d’offre: les loyers continuent de baisser. «Le marché locatif s’est transformé en marché de locataires plutôt que de propriétaires», résument les experts de Wüest Partner. L’équilibre qui prévalait au cours de la dernière décennie – les loyers ont augmenté de plus de 20% entre 2007 et 2016 – s’est inversé.

Selon UBS, les loyers des nouvelles constructions sont désormais 10% plus bas qu’en 2014. Et la tendance devrait se poursuivre, même si «pour l’éviter, les logeurs offrent des bons d’achat, des smartphones ou des mois de loyer gratuits», explique Maciej Skoczek. Cela n’empêchera pas les loyers de ces logements neufs de baisser de 2,5% cette année, selon lui. Globalement, en 2017, la baisse des loyers devrait atteindre 1% dans le pays.

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