Feux d’artifice, tambours et dragons sur scène. Il régnait presque une ambiance de Nouvel An chinois dans la salle de l’hôtel Ritz-Carlton où s’est déroulée, lundi soir, l’inauguration du nouveau Swiss Business Hub de Hongkong, la nouvelle structure chargée d’aider les petites et moyennes entreprises helvétiques à se positionner sur le marché de cette région administrative spéciale de la Chine. La manifestation, qui a rassemblé près de 300 invités, a aussi été l’occasion, pour l’Office suisse d’expansion commerciale (OSEC), de vanter les atouts de la Suisse auprès des entreprises hongkongaises, notamment pour l’implantation de sièges de multinationales en Europe.

Troisième partenaire commercial de la Suisse en Asie, l’ancienne colonie britannique est même la deuxième destination pour les exportations helvétiques dans cette région du monde. De janvier à fin août, celles-ci se sont montées à 4,5 milliards de francs, en hausse de près de 20% comparée à la même période de l’an précédent. Hongkong se place ainsi juste après la Chine, avec un peu plus de 4,9 milliards, et a devancé pour la première fois le Japon (4,3 milliards) durant cette période.

Comment expliquer que la ville de Hongkong, qui compte un peu plus de 7 millions d’habitants, puisse revêtir une telle importance? La réponse tient en partie aux 25 millions de visiteurs chinois qui s’y rendent chaque année, souvent uniquement pour y effectuer des achats. Sur les 6,3 milliards de francs de biens exportés par la Suisse à Hongkong en 2011, l’horlogerie représentait 52% de ce montant, suivie par la bijouterie et les pierres précieuses (31%), puis les produits chimiques et pharmaceutiques (5,7%). Une situation qui ne satisfait que partiellement Daniel Küng, le directeur de l’OSEC. Il estime que d’autres produits et technologies issus du savoir-faire helvétique sont insuffisamment représentés. «Le potentiel de certains produits comme ceux de la pharmacie ou de la chimie n’est pas assez exploité», juge-t-il. Et de citer toute une série de domaines, comme les techniques médicales, les appareils électroniques ou encore les technologies environnementales, considérés comme porteurs.

Plus généralement, l’OSEC a aussi mis en évidence le rôle joué par Hongkong en tant que tremplin vers la Chine et d’autres marchés d’Asie. Ses infrastructures portuaires sont également les troisièmes d’Asie en termes de volume. Quelque 190 entreprises suisses sont installées dans la région administrative spéciale de la Chine, alors que les investissements directs helvétiques s’y élèvent à 5 milliards de francs.

Quel impact le nouvel accord de libre-échange aura-t-il sur les relations entre la Suisse et Hongkong? Daniel Küng estime que la mise en place d’un nouveau cadre facilitera la tâche des entreprises helvétiques qui veulent s’installer dans la région. Il en va de même pour l’accès améliorés aux services. Plus généralement, l’expérience démontre que chaque fois qu’un accord de libre-échange a été conclu entre la Suisse et d’autres pays, les exportations vers ces derniers ont fortement augmenté dans les années qui ont suivi, a rappelé de son côté Frank Eggmann, le responsable de la nouvelle plateforme de l’OSEC à Hongkong.

«Le potentielde produits comme ceux de la pharmacie ou de la chimie n’est pas assez exploité»