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Doris Leuthard a été interpellée par les acteurs romands de la mobilité.
© photo eddy mottaz

Forum des 100

La Suisse romande à Doris Leuthard: «Le boulot n’est pas terminé»

Les acteurs romands disent à la conseillère fédérale que, même s’ils ont été bien servis ces dernières années, le rattrapage dans les investissements n’est pas terminé

Doris Leuthard étant l’invitée d’honneur de la journée, l’occasion était belle de lui transmettre revendications et préoccupations. Lors d’un petit-déjeuner de travail qui a précédé le Forum des 100, une cinquantaine de leaders romands ont abordé plusieurs sujets brûlants qu’ils ont ensuite soumis à la ministre des Infrastructures.

Ne pas considérer que la Suisse romande a été servie avec la tranche d’investissements ferroviaires 2025. D’un montant total de 6,4 milliards de francs, ces crédits profitent en bonne partie à la Suisse occidentale, entre Genève et Lausanne, entre Lausanne et Berne et sur la ligne du pied du Jura. «Le boulot n’est pas terminé», s’exclament cependant les acteurs romands de la mobilité. Ils demandent que la Confédération continue d’investir aussi bien dans l’entretien que dans de nouvelles infrastructures.

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Les attentes de la Suisse occidentale comprennent le RER Genève-La Plaine, Lausanne-Genève, la ligne de la Broye, l’agglomération fribourgeoise, l’axe Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds, le RER Vaud-Valais, la ligne Bienne-Delémont-Bâle et le doublement du tunnel du Lötschberg. Réponse de Doris Leuthard: «Pour l’étape 2025, la Suisse romande était prioritaire. Pour l’étape suivante, c’est la région zurichoise, qui connaît un essor aussi dynamique que l’Arc lémanique. La Suisse romande n’est pas sous-financée. Nous avons une approche non discriminatoire et correcte.» De son côté, Philippe Gauderon, directeur de CFF Infrastructure, admet que l’ex-régie n’a pris conscience de l’ampleur de l’essor de l’Arc lémanique qu’en 2008, à l’occasion d’un précédent Forum des 100.

S’inquiéter de la protection des données dans le cadre de la mobilité digitale. Les acteurs romands souhaitent éviter que les données des entreprises de transports publics soient traitées outre-Atlantique. Si une plateforme «open data» doit être créée, elle doit être gérée en Suisse et nulle part ailleurs. Doris Leuthard acquiesce. Elle ajoute que les caméras vidéo que l’on peut voir sur l’espace public dans certains pays «ne correspondent pas à la mentalité suisse».

Préparer le terrain pour des essais pilotes novateurs visant à résoudre les problèmes de la mobilité. C’est une réelle préoccupation. La Suisse a de la matière grise à revendre. On planche ici sur les capsules Hyperloop et un possible tronçon test à Collombey-Muraz, on songe là à relancer Swissmetro, on envisage plus loin Cargo Sous Terrain (CST), un tunnel de 70 kilomètres réservé au fret entre Soleure et Zurich. Mais tout cela prend du temps et se révèle vite compliqué. «Le projet CST demande beaucoup d’études et Swissmetro est difficile à réaliser en Suisse», répond Doris Leuthard. Mais les choses bougent, relève-t-elle: «La Suisse est bien positionnée pour les drones.

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L’Office fédéral de l’aviation civile développe des règles uniques au monde et a autorisé l’essai de transport mené par La Poste entre deux hôpitaux de Lugano. Des essais de véhicules autonomes sont menés en différents endroits», énumère-t-elle. Ce qu’elle n’a pas dit jeudi, mais qu’elle a révélé à la récente assemblée générale des Routiers Suisses: son département a donné le feu vert à des tests nocturnes de camions autonomes sur l’autoroute A12 dans la région de Fribourg.

Se préoccuper de l’arrivée des bus low cost dans les villes. Les projets d’agglomération visent à promouvoir la mobilité douce et les transports publics propres. Les bus intercités des compagnies Flixbus ou Eurobus (Domo Swiss Express) répondent-ils à cet objectif? Les acteurs romands de la mobilité sont divisés. Les plus libéraux n’y voient aucun problème. Pour les représentants des collectivités publiques, la réponse est clairement négative.

Ils considèrent que l’avenir des villes réside dans la complémentarité entre les différents modes de transport urbain, l’exploitation du potentiel offert par les périmètres des gares et la promotion de la mixité entre logements et bureaux. Les bus longue distance n’ont pas leur place en ville, estiment-ils. Doris Leuthard n’a malheureusement pas eu le temps de répondre à leur interrogation.

Retrouvez les vidéos ainsi que les photos du Forum des 100 

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