L’Europe traverse des difficultés bancaires, budgétaires, mais aussi de concurrence. C’est en substance l’un des messages adressés mercredi à Genève par Philippe de Buck, directeur de Businesseurope – représentant 20 millions d’entreprises –, dans le cadre du 40e anniversaire de l’accord de libre-échange entre la Suisse et l’Union européenne (UE), dont les économies sont fortement corrélées.

A la veille de la conférence des directeurs des fédérations industrielles du Vieux Continent, réunis jusqu’à vendredi dans la ville du bout du lac, Karsten Dybvad a également présenté un rapport sur la compétitivité dans les pays de l’OCDE. «La Suisse domine une fois encore ce classement, relève le directeur de la Fédération de l’industrie danoise. Elle occupe les trois premières places pour près de 30 des 92 critères d’évaluation.»

Mais attention à la croissance de sa productivité du travail en rapport avec son coût de la main-d’œuvre, ainsi qu’aux lenteurs pour la création et la cessation d’entreprises. «Rien ne tombe du ciel», résume Pascal Gentinetta, président de la direction d’economiesuisse, qui lance un appel aux autorités à ne pas s’endormir sur «nos» lauriers.

100 accords bilatéraux

Par ailleurs, l’UE retire de la constellation de plus de 100 accords bilatéraux sectoriels avec la Suisse un ­excédent commercial de près de 50 milliards de francs. A ce titre, il serait bon que les partenaires helvético-européens concrétisent «un accord sur l’énergie, renforcent leur collaboration en matière d’innovation et d’offre de personnel qualifié, et qu’ils renouvellent leur stratégie de coopération bancaire au lieu de se focaliser sur leurs différends fiscaux», conclut Philippe de Buck.