C’est sans doute le domaine technologique où les (fausses) prédictions ont été le plus raillées. Objet de nombreux fantasmes, la voiture autonome devait être prête en 2018, affirmait le directeur de Tesla, Elon Musk, en 2015. La même année, le directeur de Ford les attendait plutôt pour 2020. En 2013, le vice-président de Nissan était certain que ses premiers véhicules autonomes sortiraient d’usine également en 2020. Tous se sont trompés. Mais derrière les prédictions marquantes, des avancées ont lieu, aussi bien du point de vue technique que législatif. La Suisse veut se doter d’une nouvelle loi, alors que les Etats-Unis envisagent de se montrer moins exigeants vis-à-vis des véhicules sans conducteur.

En Suisse vient de s’achever une procédure de consultation visant à réviser la loi fédérale sur la circulation routière (LCR). Le Conseil fédéral lançait sa révision en août 2020 et la consultation s’est achevée il y a un mois. Les autorités veulent aller vite, car, écrivaient-elles l’été dernier, «les systèmes d’assistance des véhicules se perfectionnent continuellement.» «Afin de pouvoir réagir rapidement à de telles évolutions, le Conseil fédéral se verra désormais attribuer la compétence, en vertu de la LCR, d’édicter les dispositions ad hoc par voie d’ordonnance», affirmait le gouvernement. Il faudra que la nouvelle LCR autorise le gouvernement à agir par ordonnance, une décision qui ne requiert pas le feu vert du parlement.