Technologie

La Suisse sera dotée d’un système anticollision entre drones et avions

Ce sera une première en Europe: la Suisse sera dotée d’un système anticollision entre drones, avions et hélicoptères. En parallèle, une start-up de Lausanne active sur ce marché vient de lever un demi-million de francs

La Suisse continue à se profiler comme un centre mondial pour les drones. Pas sur le marché des appareils destinés au grand public – sur lequel le chinois DJI règne en maître –, mais sur celui des drones commerciaux et des systèmes de régulation. Ce lundi, Skyguide a ainsi signé avec la société américaine AirMap pour lancer en Suisse un système anticollision entre drones, avions et hélicoptère. Et jeudi, la start-up lausannoise InVoli, active sur ce même marché, a annoncé avoir levé un demi-million de francs.

Aujourd’hui, plus de 70 entreprises suisses sont présentes sur le marché des drones. Parmi elles, InVoli, qui s’appelait auparavant OneSky. «La gestion de l’espace aérien devient un problème capital et c’est un marché en plein essor», explique Manu Lubrano, fondateur et directeur de la société. Fin 2017, un drone de Siroop [filiale de Coop, ndlr] a failli entrer en collision avec un hélicoptère de la Rega. InVoli, créée il y a un an, veut résoudre ce problème en installant des petites antennes sur le sol, permettant d’éviter ces collisions.

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Vers la Silicon Valley

Ce jeudi, la société a annoncé la levée d’un demi-million de francs auprès de deux investisseurs, qui tiennent à ce que leur nom ne soit pas cité. «C’est pour des raisons concurrentielles, car ce marché évolue très vite, poursuit Manu Lubrano. Cette première levée de fonds – nous avions jusqu’à présent vécu de nos économies – doit nous permettre de terminer notre phase de prototypage et d’entrer ensuite dans une phase commerciale.» InVoli compte aujourd’hui quatre employés et en recrute trois supplémentaires. Ce dimanche, Manu Lubrano s’envole pour la Silicon Valley à la rencontre d’investisseurs, sa société étant lauréate d’un concours organisé par VentureLabs. L’automne passé, l’entrepreneur avait effectué un voyage similaire près de San Francisco en ayant remporté le concours Start-Up Challenge de Swisscom.

La solution d’InVoli permet à tout utilisateur de drone de voir, sur l’écran de son ordinateur, de son smartphone ou directement sur le logiciel de contrôle de son drone, les autres appareils aux alentours, via une détection des appareils à basse altitude. Ce lundi, Skyguide et la société américaine ont dévoilé une autre solution pour couvrir à terme l’ensemble de la Suisse. L’idée est de créer un système de gestion du trafic des drones entièrement opérationnel à partir de 2019.

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Alertes en temps réel

Concrètement, les utilisateurs de drones s’enregistreront dans une base de données créée sur la base de la blockchain. Et un système d’alertes en temps réel pour les pilotes de drones et de télémétrie en direct pour les services de contrôle de l’espace aérien sera lancé. En parallèle, un service de communication entre pilotes de drones et services de contrôle de l’espace aérien sera mis en place.

Jusqu’à présent, AirMap, basée à Santa Monica en Californie, a déployé son système aux Etats-Unis, au Japon et en Nouvelle-Zélande. Concrètement, comment ce système sera-t-il mis en œuvre en Suisse? «D’abord, il faut préciser qu’il ne concernera que les drones qui pèsent plus de 500 grammes, ce qui exclut une grande partie des drones de loisirs, précise un porte-parole de Skyguide. L’idée est que les pilotes de drones professionnels s’enregistrent, soit auprès de nous, soit auprès de l’Office de l’aviation civile.» A titre d’exemple, les drones haut de gamme grand public de DJI pèsent entre 700 grammes et 1,5 kilo.

Ensuite, Skyguide sera en mesure d’avertir directement les pilotes de drones en cas de danger à venir. Ces pilotes pourront aussi visualiser, sur un écran, les drones volant aux alentours, mais ne pourront pas voir les avions à proximité – cela restera de la compétence de Skyguide.

Selon Manu Lubrano, la solution d’InVoli pourrait être associée à celle d’AirMap. Mais aucun accord n’a pour l’heure été signé.

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