Citigroup Private Bank n'est évidemment pas la seule banque privée à avoir reconnu la valeur du marché de l'art pour ses clients. UBS Wealth Management a, par exemple, également lancé un service d'«Art banking» il y a huit ans, dont le Département de numismatique, fondé au début des années 70, est reconnu mondialement.

ABN Amro a, de son côté, créé il y a deux ans un «service de conseil d'investissement en art», dans l'idée de lancer un fonds de fonds d'art. Car la faible corrélation de l'art avec les autres classes d'avoirs financiers en fait, du moins sous la forme d'un fonds d'art diversifié, une classe d'actifs intéressante. Mais en raison d'un manque de moyens, le fonds de fonds d'ABN Amro n'a jamais vu le jour.

Parmi les fonds structurés, le Fine Art Fund, un fonds américain basé à Londres, est le seul au monde à acheter et à vendre de l'art. Son premier fonds, lancé en mars 2003 et aujourd'hui clôturé, a réalisé une performance annuelle de 35%. Un deuxième fonds devrait être lancé le mois prochain.

Pour Philip Hoffman, responsable du Fine Art Fund, la raison pour laquelle le groupe n'a pas de concurrents n'est autre que celle des coûts. Le Fine Art Fund emploie 22 personnes pour son seul fonds, qui requiert un investissement minimum de 250000 dollars. La valeur moyenne des pièces d'art dans lesquelles le fonds est investi s'élève, quant à elle, à un million de dollars.

Ceci n'empêche toutefois pas UBS Wealth Management de caresser l'idée d'offrir des produits structurés en art à ses clients. «Les instruments offerts par d'autres fournisseurs que nous avons examinés jusqu'à présent n'ont pas satisfait nos besoins», explique Karl Schweizer, responsable de la Division d'art bancaire, d'or et de numismatique.

Preuve que d'autres banques privées convoitent elles aussi ce marché, le Fine Art Fund annoncera bientôt l'ouverture d'un service de conseil en art avec une grande banque suisse, dont Philip Hoffman n'a pas voulu donner le nom.