Les banques helvétiques ne semblent pas participer à la tendance américaine de retour à la proximité. «La Suisse reste aujourd'hui encore très bancarisée, rappelle Robert Martin, responsable au Credit Suisse Group du Retail Banking pour la région Suisse romande. Si l'on additionne tous les comptoirs bancaires, le pays compte une proportion par habitant nettement plus élevée qu'ailleurs.»

Le CSG a 220 agences en Suisse, contre 311 pour UBS. Cette dernière décennie, les deux grandes banques ont fortement misé sur le développement des guichets électroniques aux dépens d'agences physiques. Aujourd'hui, tant CSG que UBS privilégient une offre «multicanaux», qui combine les guichets physiques avec les bancomats, Internet, et le téléphone (phone banking). Loin de revenir sur cette stratégie, CSG et UBS notent une constante progression de l'utilisation des bancomats. «Le taux d'utilisation des guichets automatiques dépasse 92% et a tendance encore à augmenter», affirme Axel Langer, porte-parole de UBS. La grande banque compte 1200 bancomats (retraits d'espèces) et 250 multimats (virements de compte à compte, gestion des ordres permanents).

Pour Robert Martin, mieux vaut une banque très bien organisée, qui apporte des services automatiques là où cela suffit, qu'un réseau omniprésent et coûteux. Les grandes banques différencient clairement les services nécessitant un conseil de proximité de ceux pour lesquels les automates sont suffisants.

C'est pourquoi aucune ne vise à augmenter le nombre de succursales. «En revanche, explique Robert Martin, nous procédons à un examen permanent: sommes-nous aux bons endroits? Avoir deux succursales à 500 mètres l'une de l'autre a moins de sens qu'en avoir une seule où le client est mieux est servi et accueilli.» UBS réévalue ses points de vente tout en les maintenant à 300: «Nous regardons si chaque succursale est rentable, si elle est utilisée par les clients», indique Axel Langer.

La Banque Cantonale de Genève (BCGE) mise quant à elle sur le maintien d'un réseau d'agences «dense et proximal». «La BCGe n'a pas fermé une agence depuis la fusion (en 1994-95), indique Perinde Van Dijken. Suivant cette stratégie, affirme la porte-parole de l'établissement, nous investissons dans l'agrandissement et la rénovation de notre réseau genevois de 27 agences.» En 2002, la BCGe a investi 2 millions de francs pour la modernisation de l'agence de Versoix. «Mais nous avons également installé trois nouveaux bancomats à l'aéroport», précise Perinde Van Dijken, soulignant que les agences et les bancomats sont «complémentaires» pour la BCGe.