Malgré une croissance économique modérée, le nombre de chômeurs en moyenne annuelle pour 2019, à 106’932 personnes, est inférieur de 11’171 personnes, soit 9,5%, aux chiffres de 2018, indique vendredi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Après correction des variations saisonnières, le taux de chômage, qui était en recul durable depuis deux ans, stagne à 2,3% depuis décembre 2018, la valeur la plus basse depuis avril 2002.

A fin décembre 2019, 117 277 personnes étaient inscrites au chômage auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit 10’947 de plus que le mois précédent. Alors que le taux de chômage a augmenté en comparaison mensuelle, le nombre de chômeurs a reculé de 2384 personnes (-2,0%) par rapport au mois correspondant de l’année précédente.

Les économistes sondés par AWP tablaient sur un taux de chômage entre 2,4% et 2,5% en décembre et à 2,3% corrigé des variations saisonnières.

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Augmentation du nombre de chômeurs en décembre

Sur l’année sous revue, le chômage s’est fortement résorbé au premier semestre, passant pour la première fois depuis septembre 2008 en dessous de la barre des 100 000 personnes, soit 97 222 chômeurs, contre 123 962 douze mois auparavant. Ce bas niveau s’est maintenu durant l’été, avant de repasser la barre de 100 000 chômeurs en octobre et d’augmenter encore en novembre et décembre sous l’effet de fluctuations saisonnières.

Après la forte baisse enregistrée au premier semestre, le nombre de chômeurs est ainsi remonté d’environ 20 100 personnes pour atteindre 117 277 personnes fin décembre. Le niveau du chômage en fin d’année est comparable à celui de 2018 et 2008.

En 2019, le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) a perdu en moyenne 0,3 point de pourcentage par rapport à l’an passé pour atteindre 2,2%. Dans la catégorie des personnes âgées entre 50 et 64 ans, il a également régressé à 2,2% en moyenne annuelle (-0,2 point de pourcentage par rapport à 2018).

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Du côté des demandeurs d’emploi, soit la somme des chômeurs inscrits et des demandeurs d’emploi qui ne sont pas au chômage, l’effectif de 200 125 personnes a affiché une baisse rapide et conséquente pour atteindre en août son plus bas niveau annuel à 169 849 personnes, une première depuis l’été 2012, note le Seco. Il est toutefois reparti à la hausse ensuite, modérément en septembre, puis rapidement à partir d’octobre, se fixant à 192’955 personnes en décembre, soit environ 23’100 personnes de plus qu’en août.

Forte hausse en Valais

En décembre dernier, le chômage des jeunes (15-24 ans) a augmenté de 430 personnes (+3,6%) à 12’390. Par rapport au mois correspondant de 2018, il a diminué de 782 personnes (-5,9%). Pour la catégorie des 50-64 ans, le nombre des chômeurs a bondi de 3’320 personnes (+11,1%) à 33 139. En variation annuelle, la hausse se chiffre à 50 personnes (+ 0,2%).

Par canton, la variation absolue la plus importante en rythme mensuel est revenue en décembre au Valais (+1936 chômeurs inscrits), devant Zurich (+1604) et Vaud (+1180). Toutefois, à l’image de novembre, l’évolution demeure dans les trois cas négative en variation annuelle. En Suisse romande, outre en Valais et dans le canton de Vaud, le nombre de chômeurs a progressé à Fribourg (+637), Genève (+464), Neuchâtel (+198) et dans le Jura (+110).

En matière de chômage partiel, dont le dernier décompte remonte à octobre, 113 entreprises ont eu recours à la mesure, soit deux de plus que durant le mois précédent. En rythme annuel, ce nombre a bondi de 42. Ces réductions d’horaires ont concerné 1772 salariés, soit 318 de moins qu’en septembre, mais 853 de plus qu’en octobre 2018.

Toujours en octobre, les caisses de chômage ont signalé que 2588 personnes avaient épuisé leurs droits aux prestations de l’assurance-chômage.

Evoquant la situation financière de cette dernière, le Seco note que le fonds est complètement désendetté. Selon les estimations actuelles, il devrait avoir achevé 2019 sur un excédent de 1,6 milliard de francs, contre 1,17 milliard en 2018.