Rémunérations

La Suisse est en tête pour les salaires des directeurs en Europe

Selon HKP, les dirigeants à la tête des grands groupes helvétiques sont les mieux payés d’Europe. Les rémunérations sont toutefois très largement étalées sur la durée, à l’instar des pays anglo-saxons

Les directeurs suisses sont parmi les mieux payés

Salaires Selon HKP, cinq dirigeants de groupes helvétiques se trouvent dans le top 10 européen

Les rémunérations sont largement étalées sur la durée,à l’instar des pays anglo-saxons

«Les rémunérations des directeurs des grandes sociétés suisses atteignent des valeurs de pointe en comparaison européenne», a constaté Michael Kramarsch, partenaire chez HKP Group. Cinq directeurs parmi les dix qui ont perçu les plus hauts salaires sur le Vieux Continent en 2014 travaillent pour des sociétés suisses.

En moyenne, les directeurs des sociétés helvétiques du SMI incluses dans l’étude ont gagné 8,44 millions d’euros l’an dernier. C’est plus qu’en Espagne (7,4 millions), en Allemagne (6,5 millions), en Grande-Bretagne (5,86 millions) et en France (4,15 millions), selon une étude du cabinet de conseil présentée mercredi à Zurich. Le salaire moyen des directeurs inclus dans l’étude s’est élevé à 5,8 millions d’euros (+4% sur un an).

Le directeur le mieux payé l’an dernier a été Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, dont le mandat a été renouvelé à la mi-juin. Il a été suivi par Richard Lepeu et Bernard Fornas, codirecteurs de Richemont, puis Joseph Jimenez, à la tête de Novartis. L’étude a comparé les 20 firmes du SMI aux 50 plus grandes sociétés européennes, y compris britanniques, incluses dans l’indice Stoxx Europe 50 ainsi que celles figurant dans l’Euro Stoxx 50 comprenant celles de la zone euro.

Comment expliquer que les dirigeants suisses soient aussi fortement représentés parmi les patrons les mieux payés en Europe? Michael Kramarsch évoque plusieurs explications. Premièrement, les grandes sociétés suisses, en raison de la taille du pays, doivent, plus qu’ailleurs, recruter les talents hors de leurs frontières. Près des deux tiers des directeurs et présidents de conseil d’administration à la tête de grandes entreprises helvétiques sont étrangers. Deuxièmement, les grandes sociétés helvétiques ne se mesurent pas aux salaires offerts dans les pays européens mais elles ont aussi importé les pratiques de rémunération issues des Etats-Unis.

En corollaire, les grands groupes suisses ont aussi intégré les pratiques anglo-saxonnes qui répartissent les programmes de rémunération sur plusieurs années. Les salaires versés sous forme de part variable, répartis sur plusieurs années, ont représenté 58% de la rémunération totale en Suisse, comparé à 43% en France ou 50% en Allemagne. Cette proportion atteint 63% en Grande-Bretagne. «Le fait que les grandes sociétés suisses échelonnent le versement des rémunérations sur une longue durée est un aspect positif de l’influence américaine», estime Michael Kramarsch.

Dans les conseils d’administration, quatre des cinq présidents de sociétés européennes les mieux rémunérés travaillent pour des sociétés suisses. Peter Brabeck-Letmathe se place en tête avec 5,9 millions d’euros, suivi par Axel Weber, le président d’UBS, avec 4,95 millions. Martin Pfändler, partenaire chez HKP Group, attire l’attention sur le fait que les fonctions assurées par les présidents de conseil d’administration diffèrent selon les pays. En Allemagne, le rôle du président du conseil de surveillance n’est pas tout à fait comparable à celui prévu dans notre pays. «En Suisse, être président de conseil est souvent un emploi à plein-temps», souligne-t-il.

En matière de gouvernance d’entreprise, les experts de HKP déplorent en revanche le retard pris concernant la transparence des plans de rémunérations en Suisse. «Si les entreprises suisses veulent rémunérer leurs dirigeants en fonction des standards internationaux anglo-saxons, une meilleure transparence devrait suivre également», juge Michael Kramarsch. Selon l’expert, l’évolution dans ce sens s’effectue plus sous l’influence de modèles de référence extérieurs comme les normes de la SEC américaine, que de l’ordonnance mise en place en Suisse suite à l’initiative Minder.

Quatre des cinq présidents de sociétés européennes les mieux payés travaillent pour des firmes suisses

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