La production suisse de vin pour la récolte 2004 est estimée à 116 millions de litres, contre 97 millions l'année précédente. Un surplus important? Pas vraiment, selon Philippe Herminjard, responsable du secteur à l'Office fédéral de l'agriculture. Les deux chiffres ne sont pas comparables puisque 2003 avait été une année sèche. Ce sont les marchands de vin qui parlent d'excédents dans le but de faire baisser les prix de gros.

Pour Philippe Herminjard, la viticulture suisse a déjà appliqué les mesures en vue d'équilibrer la production et la demande. Le vrai problème, il y en a un, concerne la surproduction de chasselas dans le canton de Vaud et de Müller-Thurgau en Suisse alémanique. «Des projets de remplacement, notamment du chasselas, sont en cours, poursuit-il. La superficie sous ce cépage est passée de 5300 hectares en 2000 à 4595 hectares en 2004.»

«Ce ne sont pas les excédents qui pèsent sur notre marché, mais une concurrence étrangère à bas prix alors que nos coûts de production sont très élevés», explique encore Philippe Herminjard. Sur le plan des exportations, les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 2004, elles ont progressé de 75% en volume et de 55% en valeur par rapport à 2003.