Place financière

La Suisse en tournée pour promouvoir sa place financière en Chine

Ueli Maurer a effectué un voyage de plusieurs jours en Chine, accompagné de représentants des milieux financiers. L’espoir de voir un troisième établissement s’implanter dans la place financière helvétique reste, de même que d’obtenir davantage d’accès au marché chinois

Les services d’Ueli Maurer ne s’en cachent pas. Le conseiller fédéral, en tournée pour plusieurs jours en Chine, a bien eu des contacts avec des banques chinoises. «Les discussions ont porté sur les stratégies d’expansion dans le contexte de l’internationalisation du renminbi», a expliqué son porte-parole.

Accompagné par une délégation de représentants des milieux financiers et bancaires suisse, dont l’Association suisse des banquiers (ASB), le ministre des Finances, qui a rencontré son homologue chinois, avait notamment pour objectif de faire la promotion de la place financière suisse.

Banques et fintech en ligne de mire

D’après le site d’informations Finews, le conseiller fédéral aurait discuté de la possibilité de l’implantation d’une troisième banque chinoise en Suisse. Elle suivrait ainsi China Construction Bank (CCB), qui s’est décidée en décembre 2014, et Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), qui attend encore le feu vert des autorités suisses pour lancer ses activités. Cela pourrait arriver dans le courant de cette année, si l’établissement remplit les critères, a expliqué Jörg Gasser, le secrétaire d’Etat suisse aux questions financières internationales, lors d’un discours lundi à Shanghai, rapporté par l’ATS.

Selon Finews, ce serait Shanghai Pudong Development Bank (SPD) qui serait la troisième banque chinoise à mettre un pied en Suisse. Fondée en 1993, elle est surtout active dans la région de Shanghai et emploie 31 000 personnes. Le groupe avait d’ailleurs annoncé son intention de s’installer au Luxembourg en septembre dernier. Selon le porte-parole d’Ueli Maurer, cependant, le conseiller fédéral n’a pas rencontré de représentants de cet établissement.

Bank of China, le retour?

Autre option, le retour de Bank of China. Cette dernière avait mis un pied à Genève en 2008, avant de fermer boutique trois ans plus tard sur fond de désaccord sur la stratégie. La rumeur circule depuis quelque temps, et elle a également été rapportée par la NZZ. De même, l’Agricultural Bank of China (ABC) serait aussi intéressée.

Aucun connaisseur de la place financière et des relations avec la Chine contacté n’a pu confirmer des discussions avancées en vue d’une implantation. Les responsables de la place financière zurichoise n’ont pas non plus eu de contacts avec Shanghai Pudong Development Bank. «Mais, naturellement, nous nous réjouissons si des banques chinoises montrent de l’intérêt pour la place financière zurichoise», a expliqué Christian Bretscher, directeur de l’Association des banques zurichoises.

Visite d’AliPay

De même, l’ASB, qui participe au voyage mais sans donner davantage de détails sur les discussions, «serait contente si d’autres banques asiatiques s’installaient en Suisse, car cela montrerait l’attrait de notre place financière et pourrait renforcer notre hub pour le renminbi». Comme toutes les places financières européennes, la Suisse tente en effet de devenir un pôle important des transactions dans la monnaie chinoise.

Les banques intéressent la Suisse, mais pas seulement. Les fintechs chinoises ont aussi fait l’objet d’un crochet lors du voyage officiel. La délégation a visité AliPay, l’application de paiement mobile appartenant au géant de la vente en ligne Alibaba. L’opérateur de la bourse suisse, SIX Group, coopère déjà avec cette entité. Un système commun de paiement sera lancé en Europe dès l’été prochain pour permettre aux touristes chinois de payer plus facilement à l’aéroport d’Amsterdam.

Accès au marché chinois

De nombreux participants au voyage étaient aussi intéressés à obtenir un plus grand accès au marché chinois. Egalement du voyage, Sergio Ermotti, patron d’UBS, a expliqué que «nous travaillons sur des projets. Notamment un, inscrit dans le cadre de l’initiative «One Belt, one Road» qui prévoit l’extension économique dans l’est de la Chine. Nous pouvons aider à son développement.»

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