Le «Cranet Survey» est mené par un réseau de hautes écoles, basées dans les 42 pays participants, et réunies autour de l'Ecole de management de Cranfield, en Grande-Bretagne. En Suisse, le partenaire du réseau est l'Institut für Führung und Personalmanagement de l'Université de Saint-Gall. La dernière enquête a été menée entre 2003 et 2004. «La prochaine récolte de données aura lieu en 2008», annonce Ursula Knorr, collaboratrice à l'institut.

En quoi la Suisse se distingue-t-elle de ses voisins? Premier point, la responsabilité des décisions touchant le personnel, qu'il s'agisse de recrutement, de rétribution, de formation ou de licenciement, appartient plus souvent qu'ailleurs au service concerné, «à la ligne», comme on dit, et non au département des ressources humaines (RH). Dans les pays d'Europe de l'Ouest et dans les pays du nord en revanche, les services RH sont souvent plus impliqués.

L'enquête montre toutefois que le rôle stratégique des RH et l'intégration du DRH dans la direction de l'entreprise augmentent en Suisse, passant de 52% en 2000 à 67% en 2004. La Suisse figure là au-dessus de la moyenne européenne.

Qui sont les DRH et d'où viennent-ils? Dans 61% des entreprises suisses, ils ont été engagés à l'extérieur, contre 50% environ en Europe. En Suisse, 67% des postes de DRH sont occupés par des professionnels qui détenaient précédemment une fonction dans la gestion du personnel. La proportion est plus haute qu'en moyenne européenne.

Pour repourvoir les postes de cadre, les entreprises suisses ont tendance à préférer les candidatures externes. Pour les postes de direction, 64% des places sont pourvues par une recherche externe - à travers un cabinet de recrutement et les annonces dans la presse - contre 36% de postes occupés suite à une candidature interne. Les cadres et en particulier les hauts dirigeants sont fortement soumis à évaluation (92%), plus qu'ailleurs en Europe. En revanche, la planification des successions reste rare en Suisse - comme en Europe. Un tiers des entreprises helvétiques ne font rien du tout, 44% prennent quelques mesures.

L'enquête souligne aussi la culture libérale qui prévaut sur le marché du travail suisse. La manière de se séparer du personnel est plus dure ici qu'en Europe, remarque-t-elle. Les licenciements y sont proportionnellement plus importants et les démissions moins courantes.

Enfin, s'agissant du management de la diversité, la Suisse utilise ce terme de manière restrictive. Ses entreprises concentrent leurs programmes sur la promotion des femmes ou des seniors, non sur les minorités ethniques ou les handicapés.